L’Opéra de Paris compte une Étoile de plus dans sa constellation. Samedi 31 décembre, à l’issue de la représentation du Lac des cygnes de Noureev, Léonore Baulac a été nommée danseuse étoile du ballet de l’Opéra de Paris. Elle y interprétait le double rôle d’Odette/Odile aux côtés du danseur Étoile Mathias Heymann (le Prince Siegfried) et de Jeremy Loup-Quer (Rothbart).
Léonore Baulac a débuté la danse classique à Saint-Cloud avant d’aller faire ses classes chez Monique Servaes (en cliquant sur l’onglet spectacles, vous pourrez voir un extrait du spectacle de 208 « La Source » auquel elle a participé), une école de danse Suresnoise. Alors que j’étais encore au Conservatoire de Suresnes, je me souviens l’avoir vue danser lors d’un spectacle. C’est à l’âge de onze ans que se fait le déclic lorsqu’elle gagne la médaille d’or au Concours de danse de Caen. (Il faudrait à l’occasion que je retrouve l’article paru dans le journal de la ville de Suresnes à l’époque!). Sa formation se poursuit au Conservatoire national supérieur de Paris, puis à l’École de danse de l’Opéra à Nanterre.
La danseuse franco-norvégienne entre dans le corps du ballet en 2008, où elle stagne au rang de quadrille jusqu’en 2013, année elle danse Olympia dans la Dame aux Camélias de Neumeier et où elle est promue Coryphée. Son ascension dans la hiérarchie est marquée par l’arrivée de Benjamin Millepied à la tête du ballet qui l’a choisie pour danser Lycénion dans son Daphnis et Chloé en 2014. Il lui donnera également son premier grand rôle dans Casse-noisette en décembre 2014 où elle interprète Clara aux côtés de Germain Louvet, nommé Étoile deux jours avant. Elle est promue Sujet quelques jours après sa prise de rôle (revoir le reportage de TF1 sur les jeunes espoirs de 2015). On la retrouve dans Paquita de Pierre Lacotte aux côtés de Jérémy-Loup Quer quelques mois plus tard. Elle est à l’affiche du Clear, Loud, Bright, Forward de Benjamin Millepied et devient l’une des représentantes de la « Génération Millepied ». Elle est promue Première danseuse en 2016. Plutôt étiquetée danseuse néoclassique où elle se démarque par son charisme et son côté solaire, on la retrouve dans les ballets de Balanchine, Robbins, mais aussi dans Forsythe . Elle m’a fait forte impression en juillet dernier dans Of any if and.
Côté classique, elle interprète en avril dernier le rôle de Juliette dans la version de Noureev, aux côtés de Germain Louvet d’abord, puis aux côtés de Mathias Heymann. C’est aux bras du danseur étoile qu’elle interprète son premier et unique lac, un soir de réveillon en prime. Une date qui avait mis la puce à l’oreille de nombreux balletomanes..
Filmée dans le documentaire « La danse à tout prix » (aux côtés d’Héloïse Bourdon, François Alu et Arthus Raveau), la danseuse répétait avec détermination son désir de devenir Danseuse étoile. C’est chose faite. Félicitations à elle pour ce parcours! Aurélie Dupont, également filmée dans le documentaire alors qu’elle l’aidait à répéter sa variation pour le concours de promotion, disait déjà qu’elle appréciait beaucoup. Après une année 2015 sans nomination, la Directrice de la danse aura donc nommé deux Étoiles en deux jours.
Bien entendu, il est évident que cette nomination fait encore une fois penser à d’autres danseurs et danseuses, qui attendent leur tour (un éternel débat..). Je m’interroge également sur le fait de nommer une Étoile lors d’une prise de rôle sur une seule représentation.
En attendant, souhaitons lui le meilleur pour la suite de sa carrière !
Quelques photos des deux nouvelles étoiles, Léonore Baulac et Germain Louvet :
3 janvier 2017 at 9 h 46 min
Il faut avoir assisté à la représentation du 31 pour mesurer le fossé qui existe entre cette danseuse nommée étoile et l’idée que l’on est en droit de se faire d’une danseuse étoile de lOpéra de Paris On passe du rêve à une dure réalité Franchement ces nominations ne veulent plus rien dire ou alors elles répondent à des exigences que le public ignore Mais la légende de la plus belle Cie du monde va en prendre un sacré coup dans l’aile, c’est le cas de le dire avec ce Lac des Cygnes calamiteux Pourtant l’Opéra ne manque pas de sublimes talents à récompenser, pour lesquels j’ai sincèrement une pensée plus que respectueuse. Pour ne pas que mon billet prenne une tournure de condoléances, je félicite la danseuse promue pour son parcours et la réussite de son objectif . Le public devra donc patienter pour entrevoir des jours meilleurs et des choix artistiques plus conformes à ses attentes .
9 janvier 2017 at 18 h 14 min
On reste tout de même assez indigné par cette nomination indigeste a de nombreux égards
Qui peut oser continuer a parler d’excellence . Il faut ouvrir les yeux et regarder les Compagnies européennes exceptionnelles qui nous dépassent de tous côtés en talents en charisme en audace et en critères de sélection Accepter la médiocrité de nos choix artistiques au lieu d’en faire un étendard pour faire les intéressants serait plus que salutaire pour redresser la situation
Parce que en dehors de faire du chiffre avec n’importe quoi n’importe qui et n’importe quel programme l’ONP finit par ne représenter ni ne valoir plus rien
7 février 2017 at 15 h 07 min
Une nomination grotesque a l’image du reste dans cet Opéra en déconfiture