La représentation du 21 décembre réunissait dans les rôles Principaux Amandine Albisson et Florian Magnenet. Une représentation marquée par la très belleprise de rôle d’Amandine Albisson, récemment promue Première danseuse à l’issue du concours de promotion.
Cyril Mitilian, Amandine Albisson, Florian Magnenet, Charline Giezendanner et Marc Moreau
Il y a des représentations qui vous transportent. Samedi dernier, le public a eu le plaisir de découvrir les premiers pas d’une Belle au bois dormant de première catégorie. Dès son entrée en scène, Amandine Albisson incarne une merveilleuse Aurore. Dans le personnage, elle est primesautière et a l’innocence de cette jeune fille de seize ans. Applaudie à son entrée en scène, elle paraît très sûre d’elle. Elle rappelle vaguement Aurélie Dupont dans l’enregistrement datant de 1999. Amandine Albisson prouve qu’elle dégage quelque chose en scène : c’est une soliste. L’adage à la rose est magnifique, plein d’émotions et maîtrisé. On vibre jusqu’aux dernières notes, jusqu’à l’ultime équilibre. La nouvelle première danseuse a l’étoffe d’une princesse, de par sa prestance. Elle s’avère également être musicale. Sa variation du premier acte est délicate et pleine de poèsie. On remarque son travail des bras, son port altier de princesse. La jeune soliste est sublime. Au deuxième acte, elle est à nouveau magnifique dans la vision, tout en élégance et en délicatesse. Elle revient encore plus féminine et affirmée lors du dernier pas de deux, où elle esquisse une variation d’une grande beauté, mettant en valeur son travail des bras et la précision de ses pas. Une prise de rôle plus que réussie et plus que convaincante. Bravo à elle !
A ses côtés, Florian Magnenet incarne le Prince Désiré. Même s’il est bon techniquement, le premier danseur n’a pas la prestance et le charisme de sa partenaire. Il ne démérite pas – loin de là ! – et se sort des trois terribles variations du deuxième acte. Il faut dire que ce début du deuxième acte et cette partie de chasse sont parus bien longs avec les émotions fortes du premier acte. Il sait néanmoins mettre en valeur sa partenaire, qu’il suit comme hébété dans la vision, et l’accompagne dans le dernier pas de deux avec beaucoup de classe.
Amandine Albisson et Florian Magnenet
Du côté du corps de ballet, coups de cœur pour la fée canari virevoltante de Marion Barbeau, ainsi qu’à la fée violente de Fanny Gorse, au fort tempérament. La fée d’Héloïse Bourdon est toujours pleine de douceur en première fée, il est fort dommage que cette première variation soit si peu saluée par le public. Léonore Baulac, qui rayonne en scène, et Jennifer Visocchi étaient toutes les deux piquantes. Valentine Colasante, qui remplaçait Laura Hecquet dans la variation de la 6ème fée s’est imposée dans le rôle. Sûre d’elle,  elle a montré sa maîtrise des difficultés techniques. Quant à Emilie Hasboun, sa fée était un peu timide, mais pleine de délicatesse.
Lors des divertissements du III ème acte, Charline Giezendanner et Marc Moreau étaient tous les deux magnifiques dans le pas de deux de l’Oiseau bleu, tandis qu’ Aurélia Bellet et Cyril Mitilian ont mené la danse des pierres précieuses. Chapeau bas à l’irrésistible duo des chats avec Lydie Vareilhes et Axel Ibot.
Bilan de cette matinée du 21 décembre :une très belle représentation avec une Aurore, de première catégorie. Une graine d’étoile sans aucun doute. Elle a ce petit «  truc en plus » qui transporte, électrise et enchante le public.
Si vous passez par Bastille le 27 décembre prochain, allez y faire un tour ! Vous serez loin d’être déçus.
A noter : Le couple Albisson/Magnenet a remplacé Ludmila Pagliero et Josua Hoffalt le 23 décembre.
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