Petite escapade en Bourgogne, dans les Côtes d’Or, à la découverte de l’Opéra de Dijon pour une soirée de danse avec Russell Maliphant. Jeudi dernier, le 17 mars, la compagnie du chorégraphe, the Russel Maliphant Company, y faisait escale pour présenter Afterlight.

Afterlight
(c) Hugo Glendinning

L’Opéra de Dijon regroupe deux bâtiments le Grand Théâtre de Dijon, situé en centre ville, et l’Auditorium où se tiennent les Opéras et les représentations consacrées à la danse (assez peu nombreuses). C’est à l’Auditorium qu’Afterlight était présenté. Bâtiment moderne, un grand ascenseur mène à l’entrée principale des spectateurs munis de billets, la salle est spacieuse et dispose d’un parterre et de deux balcons. Elle fait d’ailleurs partie des salles les mieux insonorisée de France! Il ne lui manque qu’une fosse d’orchestre! Mais laissons de côté l’architecture de l’auditorium et concentrons-nous sur Afterlight, une pièce composée pour trois danseurs et chorégraphiée par Russell Maliphant.

Le rideau s’ouvre sur un danseur, seul en scène, qui pendant la première partie du ballet, dans une atmosphère douce et poétique, calme et idyllique, va se mouvoir sur scène d’une façon si impressionnante, si fluide et si légère, comme guidé par des jeux de lumière. Des jeux de lumière qui habillent la scène sans décor et donnent parfois l’impression au travers d’ondulations que ce dernier marche sur l’eau, qu’il est aspiré par la lumière, qu’elle est sa source de vie. Le danseur se contorsionne et capte l’attention, il s’appelle Daniel Proietto, et par la grâce de son corps, de ses mouvements, il arrive à transporter la salle, jusqu’à en faire frissonner le spectateur. Deux autres danseuses constituent le trio et entrent à leur tour en scène. L’un des « tableaux » regroupant les trois danseurs rappelle par un voile blanc que porte le danseur,  l’Après-midi d’un faune. En effet, la pièce de Maliphant fait référence aux ballets russes, Maliphant s’est inspiré de Nijinsky pour créer le ballet. C’est le Sadler’s Wells qui avait commandé Afterlight à Maliphant pour le spectacle In the Spirit of Diaghilev.  Le duo formé par deux des danseurs est intense, et transporte le spectateur par la musique et la beauté des mouvements. Quelques longueurs persistent tout de même à certains moments. 

Si l’on résume les impressions (et les sensations) qui ressortent d’Afterlight, on repense à cette musique (Gnossiennes de Satie) qui laisse le spectateur en suspension, qui le transporte (jusqu’à parfois l’emmener très loin), les mouvements si fluides et légers. On ne peut réellement caractériser Afterlight par de simples mots, mais c’est un ballet à voir, qui incite le spectateur à s’évader et à se laisser porter dans un autre univers.

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