Le week-end du 10 novembre, j’ai profité du concours de promotion interne du ballet de l’Opéra de Paris pour assister à une deuxième représentation de l’hommage à Jérôme Robbins. L’occasion de voir une seconde distribution de cette soirée qui m’avait beaucoup plu.

Dans le jazzy Fancy Free, difficile de passer après François Alu, Karl Paquette et Stéphane Bullion. Ces trois là formaient (à mon sens) le cast idéal. Ils donnaient une énergie folle et toute sa dimension humoristique au ballet. À ce titre, le trio formé par Alessio Carbone, Paul Marque et Alexandre Gasse paraît plus timide. Alessio Carbone tire les sourires du public avec ses facéties, Paul Marque s’encanaille et convoite la superbe Dorothée Gilbert, qui minaude juste comme il faut. Aux côtés de la coquette Valentine Colasante. Alexandre Gasse nous propose une jolie variation de la rumba.

Mais l’ensemble est moins explosif. Ce qui n’empêche pas de passer un bon moment. Les derniers instants du ballet mettent en valeur Roxane Stojanov en séduisante jeune fille blonde

A suite of Dances était l’occasion de découvrir Hugo Marchand dans ces quinze minutes de variation, en duo avec le violoncelle. Inutile de dire que cette pièce va comme un gant au danseur, très charismatique. D’un signe de tête, il fait signe à la violoncelliste de démarrer laissant le public entrer dans cette ambiance intimiste. Le danseur se saisit de l’espace avec cette présence scénique qu’on lui connait. On sent qu’il prend beaucoup de plaisir. Le fait d’être plus proche de la scène, d’entendre sa respiration donne encore plus d’intensité au moment. Un très beau moment. Dommage toutefois que le public applaudisse à la fin de chaque variation.

Hugo Marchand dans A suite of Dances

Hugo Marchand dans A suite of Dances

Dans Afternoon of a faun, Myriam Ould Braham et Audric Bezard (couple inattendu) donnent une dimension plus sensuelle à la pièce de Robbins. À première vue, le couple est moins glamour du fait de la différence de taille que Hugo Marchand et Amandine Albisson, ce qui n’enlève rien à l’aspect poétique de ce pas de deux. D’Audric Bezard, à la superbe plastique, se dégage une force animale, au contraire de Myriam Ould Braham, plus frêle et fragile et tout en délicatesse. Leur pas de deux alterne entre séduction et douceur. Le dernier regard d’Audric Bezard pour sa partenaire avant qu’il ne l’embrasse sur la joue est d’une grande bienveillance. Ce qui rend le moment encore plus beau et poétique.

Les premières notes de Glass Pieces permettent de retrouver le corps de ballet, très sollicité ce week-end là. Mais « the show must go on » comme on dit et c’est impressionnant de retrouver ces danseurs en scène frais et pimpants, comme si de rien n’était. On en est que plus admiratif. On capte le sourire de Charline Giezendanner, celui de Bianca Scudamore ou encore celui d’Héloïse Bourdon. Et on profite d’Alisier Madin, qui fait ses dernières apparitions sur la scène de Garnier.

Revoir ce ballet de plus près permet d’en apprécier encore plus les détails. On capte cette énergie tour à tour étourdissante et envoûtante. À l’image du pas de deux  très visuel avec au fond ces silhouettes qui bougent au rythme de la musique. Sae Eun Park est superbe de lyrisme. Elle bien mise en valeur par son partenaire Florian Magnenet. Une chose est sûre, Glass Pieces est certainement le ballet qui m’aura le plus marqué de cette soirée d’hommage.

Alessio Carbone, Paul Marque et Alexandre Gasse , les trois marins de Fancy Free

Alessio Carbone, Paul Marque et Alexandre Gasse , les trois marins de Fancy Free