La Fille mal gardée fait partie de ces ballets dont vous ressortez de bonne humeur et le cœur léger. La représentation du 3 juillet n’a pas dérogé à la règle. Pour leur dernière représentation, Alice Renavand et François Alu ont mis les bouchées doubles. Ils interprétaient Lise et Colas, les deux héros du ballet crée par Dauberval à Bordeaux peu avant la révolution française et revisité par le britannique Frederick Ashton. Entre danses des coqs, jeux de rubans, parties de cache cache dans les bottes de pailles, la Fille mal gardée se retrouve avec plaisir en fin de saison.

Chouchou du public, François Alu est un Colas aussi fougueux et bondissant qu’attendrissant. Ses variations, très applaudies, sont un régal, tandis qu’il montre un jeu nuancé. C’est un plaisir de le voir s’envoler et enchaîner les pirouettes à volonté, puis se radoucir et se montrer tout tendre et plein d’attention pour sa partenaire Alice Renavand. Les deux danseurs avaient déjà eu l’occasion de partager la scène dans Don Quichotte en 2012. Dans le ballet d’Ashton, ils forment un joli duo, avec une belle complicité qui s’est installée au fil des représentations. Le manège des rubans dans le pas de deux de Fanny Essler, tout comme celui du mariage sont très tendres. Et tous deux nous font sourire lors de la pantomime de Lise au deuxième acte.

Alice Renavand abordait pour la première fois le rôle de la chipie. La danseuse n’a peut-être pas le ballon d’une Eléonore Guérineau, ni les équilibres longue durée d’une Dorothée Gilbert ou les bras délicats d’une Myriam Ould Braham, mais elle apporte sa petite touche personnelle au rôle. Sa Lise est moins petite fille, l’Etoile joue plus la carte de la féminité. Ce qui n’enlève rien à l’espièglerie de son personnage, qui laisse peu de répit à la pauvre mère Simone. Simon Valastro apporte la touche de comique qu’il faut à la mère de Lise. Sa danse des sabots reste l’un des moments phares du ballet. Ses mimiques au retour du pique-nique auront beaucoup fait rire la salle.

Allister Madin est lui aussi hilarant, et même attendrissant, dans le rôle d’Alain, le prétendant imposé de Lise. Il joue à merveille ce personnage maladroit. Axel Magliano fait quant à lui danser ce petit monde autour de sa flûte. Parmi les amies de Lise, les yeux repèrent facilement la pétillante Marine Ganio (qui avait eu le droit au rôle-titre lors de la dernière reprise) ou Héloïse Bourdon et Fanny Gorse. Une soirée qui se termine gaiement au son des « la la lalala » entraînants. Et qui aurait pu être encore plus joyeuse si le micro et l’annonce tant attendue avaient fait leur apparition. #AluEtoile !

Saluts de la Fille mal Gardée du 3 juillet

Allister Madin