Rennes accueillait le temps d’un weekend les Beaux jours de la Danse. Le festival marquait l’ouverture de la nouvelle salle de spectacle du centre-ville : le Couvent des Jacobins. Le créneau du dimanche après-midi était réservé à Gala d’Etoiles, le groupe de danseurs mené par Alexandra Cardinale (qui vient de faire ses adieux à la scène lors de la dernière série de Don Quichotte). Une occasion de voir les solistes de l’Opéra de Paris dans la capitale bretonne! Preuve de l’engouement du public : des l’ouverture des réservations en juillet, les places ont été prises d’assaut.

C’est la première fois que le groupe de danseurs se produisait à Rennes. Les Étoiles Karl Paquette et la dernière nommée Valentine Colasante ont fait le déplacement aux côtés d’Hannah O’Neill, Vincent Chaillet et de Jérémy-Loup Quer. François Mauduit et les danseurs de la compagnie de Julien Lestel se sont joints à eux pour un programme éclectique, mêlant pas de deux du répertoire classique à des pièces plus contemporaines. Il y en avait pour tous les goûts.

Ce weekend dédié à l’art chorégraphique était l’occasion de dévoiler la nouvelle salle de spectacle de Rennes, présentée comme le « Palais des Congrès de la ville». L’auditorium de 1 000 places laissait promettre une belle salle. Pourtant, légère déception à l’ouverture du rideau : la scène n’est pas si grande et manque de profondeur. Ce qui gêne moins le contemporain mais ne met pas en évidence le classique. On sentait les danseurs moins à l’aise au cours de la première partie. Le Corsaire, qui ouvrait les festivités, a tout de même permis de voir le manège enlevé de Jérémy-Loup Quer. Karl Paquette a une fois de plus montré ses qualités de partenaire, élevant dans les airs sa Giselle-Valentine Colasante. La nouvelle étoile revêtait le tutu de Kitri et son éventail en seconde partie. Un rattrapage du pas de deux du mariage de Don Quichotte, aux côtés de Jeremy-Loup Quer. Le pas de deux d’Esmeralda clôturait la partie classique. L’occasion pour Hannah O’Neill de briller sur scène. La ballerine était bien mise en valeur pas son partenaire Karl Paquette, qu’on profite de voir en scène (ses adieux sont programmés le 31 décembre 2018 dans Cendrillon).

Les chorégraphies de Julien Lestel étaient aussi à l’honneur.  She’s back est un duo poétique mettant en scène un couple qui se sépare et se retrouve.  Alexandra Cardinale et Julien Lestel y affichaient une belle complicité. Autre coup de cœur, Transmission sur la partition de Mark Richter,où les corps se cherchent, se repoussent et se répondent. Un duo aux airs de Forsythe parfois qui évoquait Of any if and du chorégraphe,

N’oublions pas François Mauduit, qui interprétait sa version de Et Maintenant sur la chanson de Gilbert Bécaud. La chorégraphie fait écho à Béjart et à son Barbara-Brel. Le danseur a d’ailleurs un faux air de Gil Roman. Mentions spéciale également au danseur du Boléro de Julien Lestel : quel regard et quelle présence scénique. Pour finir, Vincent Chaillet a entraîné le public sur sa chorégraphie à la fois subtile et pleine d’humour sur le célèbre air Formidable d’Aznavour.

Une chose est sûre : il y a un fort engouement pour la danse à Rennes, vu les applaudissements nourris et la standing ovation réservée à l’ensemble des danseurs. Une deuxième édition des Beaux jours de la danse pourrait voir le jour l’année prochaine. Elle devrait à nouveau rencontrer un franc succès !