Dans le cadre du bicentenaire de la naissance de Marius Petipa, le Bolchoï organise sa saison 2017-2018 autour du chorégraphe. Son premier direct en partenariat avec Pathé Live nous ramenait au temps des pirates, des pachas et des esclaves avec Le Corsaire. Ce ballet dont le livret a été inspiré par le poème de Lord Byron, a été chorégraphié à l’origine à Paris par un tandem bien connu composé de Joseph Mazillier (le chorégraphe de Paquita entre autres) et d’Adolphe Adam (le compositeur de Giselle) pour la partition avec des ajouts de Léo Delibes. La version présentée par le Bolchoï est celle d’Andreï Ratmansky et de Youri Burlaka telle qu’elle a été chorégraphiée par Petipa à Saint-Pétersbourg.

Une production grandiose avec pas moins de trois heures de spectacle et plus de 500 costumes. Le Corsaire conte comme la plupart des ballets romantiques de l’époque une histoire d’amour : Conrad aime l’esclave Medora, Medora aime Conrad, mais le Pacha a jeté son dévolu sur cette dernière. S’en suit une série de péripéties et d’aventures entre mutinerie et échange de voiles de mariée. Les rôles titres de Medora et du pirate Conrad étaient interprétés par Ekaterina Krysanova et Igor Tsvirko.

Pétillante, la danseuse emporte tout sur son passage dès le premier acte (quelle série de fouettés!) aux côtés d’un Igor Tsvirko, dont le rôle est moins exigeant physiquement tout le long du ballet, mais qui nous en met plein les yeux lors du pas de deux (célèbre car souvent donné en gala) dans la grotte des pirates. Igor Tsvirko semble littéralement s’envoler dans les airs pendant ces quelques minutes de variation. Le premier acte était également l’occasion d’admirer et dans le pas d’esclave avec Anastasia Stashkevich et Vyacheslav Lopatin.

Une production grandiose

Le jardin animé et ses couronnes de fleurs est sans aucun doute l’un des plus beaux tableaux de ce ballet, avec pas moins de 86 danseurs en scène. Il met en avant les qualités d’interprète et la fraîcheur de Daria Khokhlova qui incarnait Gulnare. Seule ombre au tableau lors de ce deuxième acte, le pas de trois des odalisques et ses célèbres variations (réservées aux solistes en devenir du ballet) moins réussi. La célèbre diagonale de pirouettes de la troisième variation a posé quelques soucis à la danseuse Xenia Zhiganshina, obligeant l’orchestre à ralentir.

Le troisième acte met en scène le mariage de Gulnare (déguisée en Medora) et du Pacha (qui se fait avoir), alors que Conrad et Medora en profitent pour s’enfuir. Une partie que l’on ne voit pas dans toutes les versions (le découpage est différent dans celle de l’English National Ballet qui, par exemple, s’arrête après le jardin animé quand Conrad s’enfuit avec sa promise sur le bateau). Le tableau nous permet de découvrir un soliste en devenir, Artemy Belyakov, dans le pas de deux des éventails, avant que les deux amants prennent la fuite. Malheureusement, la tempête rattrapera l’équipage et fera couler le navire dans un dernier tableau fort réussi. Les deux amants s’en sortiront, tout est bien qui finit bien!

Les prochaines retransmissions du Bolchoï sont à découvrir sur le site de Pathé Live.