C’est un fait, je publie de plus en plus en tard mes bilans de saison. Je profite d’un des derniers week-ends au calme, entre un été au pays du soleil levant et la rentrée danse, pour livrer mes dernières impressions. Pour être honnête, je n’ai pas eu de gros coups de cœur la saison dernière. Pourtant, elle avait si bien commencé : je suis tombée sous le charme de la production de la Belle au bois dormant de l’ABT. Quelques semaines plus tard, The Seasons’ canon de Crystal Pite a eu l’effet d’un électrochoc. Mais, après l’électrocardiogramme est resté plat, avec quelques sursauts de temps à autre (dont un en décembre avec le Lac).. Et finalement, c’est ma dernière représentation de la saison qui a été pour moi l’une des plus émouvantes. Il s’agissait de la Sylphide, avec Myriam Ould Braham et Mathias Heymann. Cette représentation du 12 juillet était teintée d’une émotion particulière puisqu’elle marquait les adieux à la scène de deux solistes piliers du ballet : Mélanie Hurel et Emmanuel Thibault. J’en garde un souvenir ému. Un très beau spectacle.

L’électrochoc The Seasons’ Canon

Il y en a eu certes des bons moments, des instants d’émotions que vous captez, et des images qui restent imprimées : le cygne blanc si délicat de Myriam Ould Braham, toujours aux côtés de Mathias Heymann dans le Lac et un sublime adage au second acte, la variation et l’envol de François Alu dans Rothbart (qui avait déjà fait sensation dans The Seasons’ Canon), le Siegfried de Mathieu Ganio, apprendre la nomination de Hugo Marchand à l’autre bout du monde, découvrir ce même danseur dans le rôle de James qui l’a porté au firmament.

Je garde également un bon souvenir de la soirée dédiée aux chorégraphes de la maison. Si je me suis rapidement lassée de Renaissance (S. Bertaud) et de cet ensemble de costumes pailletés (même si Pablo legasa, qui remplaçait Mathias Heymann, y était époustouflant), j’ai trouvé les pièces de Simon Valastro et Nicolas Paul vraiment pertinentes et émouvantes. La première, plus théâtrale certes mais tellement prenante, qui se basait sur le conte de la petite fille aux allumettes, mettait en lumière Éléonora Abbagnato. La seconde par son esthétisme.

Un bilan mitigé

Quelques soirées inégales aussi, comme celle dédiée Ravel, qui ne m’a pas vraiment emballée. Des déceptions aussi, à l’instar du Gala Yvette Chauviré, dont le programme a été revu au rabais. Même si Dorothée Gilbert était suprême dans la Mort du cygne (ce qui m’a aidée à ne pas regretter d’avoir pris une place pour ce gala).

Ma révélation de la saison restera la jeune Bianca Scudamore, incroyable dans The Vertiginous thrill of exactitude de Forsythe lors du spectacle de l’école de danse. Une danseuse qui vient d’intégrer le corps de ballet et à suivre de très près.

Après presque deux mois sans spectacles, le ballet vient (vraiment) à manquer et la reprise se fait attendre. Heureusement que Youtube est là pour palier ce manque et se replonger dans des Bayadère ou Don Quichotte avec des distributions de folie ! Soyons patients, encore trois petites semaines avant Joyaux !