Il y a 10 ans, alors que j’étais toute jeune balletomane, je découvrais dans La Fille mal gardée de Frédérick Ashton, un jeune danseur bondissant, Mathias Heymann, et une Lise Myriam Ould Braham si délicate et aérienne qu’elle était promise au destin de Sylphide. Tous les deux formaient déjà un duo très attachant. Une décennie plus tard, quel plaisir de voir ce couple d’Etoiles dans les rôles principaux du ballet de Pierre Lacotte. Cette représentation du mercredi 12 juillet avait une saveur particulière puisqu’elle était marquée par les adieux à la scène de deux fortes personnalités du ballet : Mélanie Hurel (Effie) et Emmanuel Thibault (dans le pas de deux des paysans). Pour l’occasion, plusieurs anciens étaient présents dans la salle à l’instar de Manuel Legris, Agnès Letestu, Elisabeth Platel, Elisabeth Maurin et Jean-Marie Didiere (éternel Madge)…

Dès son entrée en scène, Mélanie Hurel a été applaudie par le public. Difficile de croire que la danseuse a atteint l’âge de la retraite tant son Effie est juvénile, vive et tellement attachante. Autre moment d’émotion, le dernier pas de deux des écossais avec Emmanuel Thibault, accompagné par la douce Marion Barbeau. Le public était venu l’applaudir une dernière fois. Une ovation méritée pour ce danseur qui aura eu le mérite de danser les grands classiques jusqu’au bout.

Des adieux à la scène émouvants

L’un des moments attendus du premier acte était le pas de trois de l’ombre. Le côté terrien du personnage de Mélanie Hurel contraste avec la Sylphide éthérée et immatérielle de Myriam Ould Braham. Pour sa dernière, Mélanie Hurel nous a offert une variation bien enlevée aux côtés d’un Mathias Heymann plus qu’en forme et d’une Myriam toujours plus évanescente.
Les saluts du premier acte ont été riches en émotions. Mélanie Hurel et Emmanuel Thibault ont été très chaudement applaudis par le public. C’était très touchant de voir chacune des étoiles prendre la main de l’un des artistes pour une dernière révérence.

Mélanie Hurel et Emmanuel Thibault saluant une dernière fois le public de Garnier

Une sylphide éthérée et un James rêveur

Après cette fin d’acte émouvante, l’entracte permettait de se remettre de ses émotions avant d’enchaîner sur le deuxième acte. Malgré le contexte, celui-ci est toujours un enchantement. Myriam Ould Braham, merveilleuse Giselle l’an passé, est à nouveau parfaite. Ses bras, ses pieds, la moindre arabesque sont d’une finesse. Elle ne semble jamais toucher terre. Mathias Heymann est lui aussi incroyable. Son James est rêveur et attachant. Ses variations (malgré une petite défaillance de l’orchestre dans la première d’entre-elles) sont superbes. C’est un couple idéal pour ce ballet. Deux beaux interprètes, servis par un magnifique corps de ballet et agrémenté d’un Aurélien Houette qui a déployé ses talents d’acteur pour interpréter la vilaine Madge.

Au final, une représentation quatre étoiles pour clôturer ma saison 2016-2017 en beauté.

Myriam Ould Braham et Mathias Heymann

Marion Barbeau et Emmanuel Thibault dans le pas de deux des écossais