S’il y a une soirée qui a attirée mon attention l’an dernier à la lecture du programme de la prochaine saison, c’est celle de l’École de danse. Pour la quarantième édition de son spectacle annuel, Elisabeth Platel, sa directrice, a concocté un programme riche et ambitieux pour ses élèves avec du Balanchine, du Forsythe et du Noureev ! Un « triple bill » composé plus exactement de Divertimento n° 15 (Balanchine), The Vertiginous Thrill of Exactitude (Forsythe) et du troisième acte de Raymonda (Noureev).

Divertimento n°15 est une bonne entrée en matière. L’occasion de voir s’exprimer les élèves dans ce ballet qui met en avant trois danseurs et cinq danseuses. Certains sont un brin tendu lors de cette première, mais tous sont toujours aussi professionnels. Certaines personnalités se détachent par leur assurance et leur présence scénique. Bleuenn Battistoni, Manon Boulac, Margherita Venturi, Samuel Bray, ou encore Loup Marcault-Derouard, pour ne citer qu’eux, se détachent du lot.

Divertimento n°15

La soirée se poursuivait avec The Vertiginous thrill of exactitude de W. Forsythe, qui entre cette année au spectacle de l’École de danse. Un défi majeur relevé haut la main par les élèves. La longiligne Bianca Scudamore et Daniel Lozano-Martin y brillent de virtuosité : quelle maîtrise et quel aplomb ! Ces deux danseurs sont des solistes nés ! Espérons également que cette pièce soit reprise par le ballet prochainement…

Dernière partie de ce programme, le troisième acte de Raymonda de Noureev. Il s’agit du premier ballet que le danseur a remonté et fait entré au répertoire du ballet en 1983. Le trac se faisait sentir hier soir chez les petits rats avec quelques placement incertains. Mention spéciale à la superbe Raymonda de Margaux Gaudy-Talazac. La jeune ballerine nous a offert une très belle variation de la claque, toute en nuances avec de beaux ports de bras. Pleine d’assurance, elle s’impose par sa maîtrise technique. Je me souviens d’une conférence Arop au cours de laquelle Elisabeth Platel expliquait ce qu’il se passait dans la tête de Raymonda, lorsqu’elle pense à Abderam puis à Jean de Brienne. Bravo également à Loup Marcault-Derouard, également très bon dans le rôle d’Abderam. Je retiens également les jeunes Czardas qui formaient un bel ensemble, bien menés par Mona-Lisa Rigal et Benjamin Meslier. Ce spectacle s’est encore révélé être un très bon cru. Merci à Elisabeth Platel pour cette belle programmation, qui faisait écho à une soirée en 2008 au cours de laquelle étaient présentés le troisième acte de Raymonda (avec entre autres Isabelle Ciaravola ou Eve Grinsztajn dans le rôle titre), les quatre tempéraments et Approximate Sonata. À défaut de revoir Raymonda en entier, ce serait une bonne idée de reprogrammer une telle soirée (et surtout The Vertiginous Thrill of Exactitude)!

The Vertiginous Thrill of Exactitude

Margaux Gaudy-Talazac