L’un des événements attendus de ce mois de janvier était la venue du ballet de l’Opéra de Rome à Paris. Dans le cadre de Transcendances, la compagnie faisait escale au Théâtre des Champs-Elysées ce weekend pour quatre représentations de La Chauve-Souris de Roland Petit. La danseuse Étoile Eléonora Abbagnato, directrice de la troupe romaine depuis 2015, nous faisait le plaisir de remonter ce ballet, créé à Paris en 1979 dans ce même théâtre pour une certaine Zizi Jeanmaire… L’occasion de rendre hommage à l’un de ses grands maîtres et de présenter les talents de sa compagnie. Au programme : des valses viennoises entêtantes et entraînantes de Johan Strauss, de la bonne humeur, beaucoup d’humour, de l’allégresse et des tableaux colorés, à mi chemin entre le ballet classique et le music hall, avec en fond de toile la satire d’une bourgeoisie décadente .

Saluts de La Chauve-Souris

Saluts de La Chauve-Souris

La Chauve-Souris, à l’instar de l’opérette éponyme, conte l’histoire d’un mari volage et du stratagème mis en œuvre par son épouse, aidée par Ulrich, un ami du couple, pour accaparer son attention et couper les ailes de cette chauve-souris.
Dans les rôles titres, les stars berlinoises Iana Salenko et Marian Walter incarnaient le samedi 14 janvier Bella et Johann. Épouse convenue au premier tableau, Iana Salenko se métamorphose en inconnue séductrice arborant son corset façon Carmen, lors d’un brillant et amusant pas de deux aux côtés du facétieux Ulrich, campé par l’italien Marco Marangio. Quelques soient les tableaux, la danseuse alterne avec brio les variations sur pointes, les passages plus comiques et fait tourner la tête à Marian Walter, également excellent dans le rôle du mari volage. Le pas de deux lorsque Bella coupe les ailes de la chauve-souris est empli de lyrisme et de tendresse. Marco Marangio n’est pas en reste. Avec sa forte prestance et sa pantomime très lisible, il campe un personnage attachant sans être pour autant ridicule.
Bravo également à tout le corps de ballet et à son énergie débordante : ses serveurs du maxime montés sur ressort, ses danseurs à la joie de danser communicative. N’oublions également pas de féliciter la nourrice et les élèves du Laac de Clairemarie Osta et Nicolas Le Riche, également présents sur scène! Mention spéciale également à l’orchestre Lamoureux pour cette belle interprétation de Strauss.
En ce mois de janvier où nous sommes tous en manque de soleil et en plein déficit de vitamine D, cette pièce délicieuse vous fait faire le plein d’énergie et vous donne l’envie de valser jusqu’au bout de la nuit! Et au passage, elle redonne le besoin urgent de refaire une cure de Roland Petit!

Iana Salenko et Marian Walter

Iana Salenko et Marian Walter