Après une après-midi ensoleillée, retour sous les ors du Palais Garnier pour une soirée en tête à tête avec George Balanchine. Pas moins de quatre de ses ballets y sont présentées. Trois ont été programmés sous la direction de Benjamin Millepied : Mozartiana, qui faisait son entrée au répertoire, ainsi que les reprises de Brahms-Schönberg Quartet et de Violin Concerto. À ces trois ballets s’est ajouté le pas de deux Sonatine en hommage à la muse balanchinienne Violette Verdy,  disparue en février dernier. Trois heures de Balanchine donc, trois heures de néoclassique et une distribution multi-étoilée… il ne restait plus qu’à voir comment ces ballets allaient s’enchaîner.
C’est Aurélie Dupont en personne qui est venue introduire la soirée. La directrice de la danse a exprimé sa volonté de rendre hommage à Violette Verdy, créatrice avec Jean-Pierre Bonnefous du pas de deux, mais également pour dédier la soirée à la grande danseuse Yvette Chauviré, qui s’est éteinte quelques jours plus tôt.
La représentation s’ouvrait avec Mozartiana sur la suite n°4 en sol majeur de Tchaïkovski. Le célèbre compositeur a voulu rendre ici hommage à Mozart. Une chorégraphie très stylisée, voire un peu trop, si bien que le pastiche finit par traîner en longueur. Très musical, Arthus Raveau enthousiasme le public dans la gigue où il fait preuve d’une belle technique et d’une jolie précision dans le bas de jambe. Dans sa robe noire et son petit col Claudine à la Claudie Pierlot, Laura Hecquet, à son aise dans ce répertoire, se distingue par sa classe et sa silhouette.

Josua Hoffalt, Laura Hecquet et Arthus Raveau

Josua Hoffalt, Laura Hecquet et Arthus Raveau

Après un petit film concocté par Vincent Cordier, l’hommage à Violette Verdy est rendu par les joli couple formé par Myriam Ould Braham et Mathias Heymann. Dans Sonatine, le danseur étoile est tout simplement brillant techniquement et très musical. Sa délicate et mutine partenaire n’est pas en reste. Tous deux apportent une bouffée d’air frais à cette soirée.

Myriam Ould Braham et Mathias Heymann

Myriam Ould Braham et Mathias Heymann

Myriam Ould Braham

Myriam Ould Braham

Après l’entracte, place au Brahms-Schönberg Quartet. Présenté à Bastille lors de son entrée au répertoire en juillet dernier, le ballet était cette fois-ci donné à Garnier. Une scène qui semble mieux appropriée à la chorégraphie et aux costumes de Karl Lagerfeld (même si les danseuses semblent avoir laissé tomber leurs coiffes années 20 depuis le 2 juillet dernier). Dans le premier mouvement, Dorothée Gilbert est flamboyante aux côtés du princier et racé Mathieu Ganio. Sans oublier Ida Viikinkoski qui s’affirme et s’empare de la scène. Laetitia Pujol faisait de son côté son retour en scène dans le second mouvement, accompagnée par Stéphane Bullion et non Hervé Moreau retiré la veille des distributions (quel dommage…). Cela est certainement lié au changement de dernière minute, mais leur partenariat m’a moins convaincue. Myriam Ould Braham et Mathias Heymann apportent une touche d’élégance et de brio dans le troisième mouvement. Enfin, Laura Hecquet se métamorphose avec succès en danseuse slave pour dynamiser le quatrième mouvement un brin mollasson.

Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio

Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio

Laetitia Pujol et Stéphane Bullion

Laetitia Pujol et Stéphane Bullion

Myriam Ould Braham et Mathias Heymann

Myriam Ould Braham et Mathias Heymann

Laura Hecquet et Karl Paquette

Laura Hecquet et Karl Paquette

La soirée se clôturait avec Violin Concerto. Après les fastes de l’empire Austro-Hongrois, retour dans l’ambiance des ballets noir et blanc de Balanchine. Créé en 1972 sur le concerto pour violon et orchestre en ré majeur de Stravinsky, le ballet met en scène deux couples de danseurs. Certains pas font référence aux quatre tempéraments, dont les souvenirs ont été ravivés par le New-York City Ballet en juillet dernier. Changement d’ambiance, cette ultime partie tranche avec les ballets précédents et redonne du dynamisme à la soirée. La danse est plus ciselée, même si les solistes manquent un peu de swing pour insuffler encore plus d’énergie à la pièce.

Alice Renavand et Karl Paquette

Alice Renavand et Karl Paquette

Amandine Albisson et Stéphane Bullion

Amandine Albisson et Stéphane Bullion

Une soirée qui a démarré en douceur, peut-être moins forte que le précédent programme mais qui nous plonge dans l’univers de George Balanchine. D’autres distributions sont à découvrir. Pour ma part, je me laisserai tenter par une autre soirée pour découvrir d’autres interprétations.