À un mois de la première, la nouvelle relecture de Casse-Noisette reste un mystère. Cette création qui suivra l’opéra Iolanta est chorégraphiée par le trio Arthur Pita, Édouard Lock et Sidi Larbi Cherkaoui (les noms de Liam Scarlett et Benjamin Millepied ayant été retirés en cours de route). Cette soirée dédiée au compositeur Tchaïkovski a été programmée pour recréer les conditions de la création du célèbre ballet à Saint-Pétersbourg en 1892 dans la même soirée que l’opéra Iolanta. La mise en scène a été confiée au russe Dmitri Tcherniakov.

Marion Barbeau et Marc Moreau

Marion Barbeau et Marc Moreau

Ce samedi 6 février, Arthur Pita est venu présenter à l’amphithéâtre Bastille les premiers extraits de cette création. Le chorégraphe, en charge de la première partie du ballet, a expliqué la trame de ce Casse-Noisette, transposé dans les années 50. Tout commence lors de l’anniversaire de Marie dont on fête les 16 ans. Elle vient d’assister à une représentation de Iolanta, un cadeau que lui a offert son parrain Drosselmeyer, et au cours de laquelle elle tombe sous le charme du chanteur interprétant le personnage de Vaudémont dans l’œuvre lyrique. Les deux jeunes gens se retrouvent et se rapprochent lors de la fête.

Marion Barbeau

Marion Barbeau

C’est un extrait de cette rencontre, où le personnage de Marie échange son premier baiser, auquel nous avons assisté avec les danseurs Marion Barbeau (Marie) et Marc Moreau (Vaudémont). Un véritable travail de création, puisque Arthur Pita, mettait au point sous nos yeux cette rencontre entre les deux protagonistes, travaillant sur les placements, insistant sur les jeux de regards, les intentions, et l’échange des roses rouges, fil conducteur de l’Opéra Iolanta. Enfin, le chorégraphe a calé les pas sur la musique (d’abord en marquant avec le pianiste, puis avec la bande son de l’orchestre). Une séquence qui a occupé les deux tiers de cette répétition.

Pour conclure cette répétition, Arthur Pita a présenté un extrait de l’une des danses d’anniversaire très marquée années 50 sur laquelle se déchaînent Marie et Vaudémont. Un moment fort sympathique qui fait sourire les danseurs (et le public). Pour la petit histoire, c’est le parrain de Marie Drosselmeyer qui poussera les deux personnages à danser ensemble (sous le regard mécontent des parents de la jeune fille). Cette séquence se situe au moment de la danse des enfants dans la version originale du ballet.

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La suite du ballet est chorégraphiée par Edouard Lock et Sidi Larbi Cherkaoui, et à en croire Arthur Pita, rien n’est encore figé. Pour la suite de l’histoire, Vaudémont serait assassiné et tout devrait basculer pour Marie.

Quinze jours après la précédente rencontre complètement rodée, cette répétition – qui arrivait à peine deux jours après l’annonce de la démission de Benjamin Millepied et celle de la nomination d’Aurélie Dupont au poste de directrice de la danse – paraissait totalement improvisée. Arthur Pita et son assistante semblaient livrés à eux-même, avec personne pour venir présenter et donner le contexte de la création. L’anglais (langue officielle de cette rencontre) aura eu raison de certains spectateurs perdus en cours de route. Dommage car cette répétition permettait de s’immiscer au cœur du processus de création. Ce nouveau Casse-Noisette, qui laissait perplexe au départ, promet d’être intéressant, notamment sur le plan dramatique et sur la construction des personnages. Seul regret, les tarifs « opéra » prohibitifs.

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Marion Barbeau et Marc Moreau