Du 2 au 19 mai dernier, le ballet de l’Opéra de Paris reprenait Paquita de Pierre Lacotte. Véritable exercice de bravoure, le ballet aux accents hispaniques a vu se succéder plusieurs distributions. Petit « shot » de Paquita en ce samedi 16 mai avec deux distributions enthousiasmantes. La première, de haute-volée, réunissant Hannah O’Neill et le talentueux Mathias Heymann. La seconde, propulsant dans les rôles titres les jeunes talents Léonore Baulac et Jérémy Loup-Quer.

Hannah O’Neill et Mathias Heymann

S’il y avait une distribution qui me tentait lors de cette série, c’est bien celle réunissant la jeune Hannah O’Neill et le talentueux Mathias Heymann. Surprise, suite à un changement de distribution impromptu, les deux danseurs ont hérité d’une date supplémentaire. Paquita est l’un de ses ballets romantiques, aux notes colorées, où règnent joie et bonne humeur, à savourer en famille. L’intrigue, peu complexe, nous fait voyager dans l’Espagne Napoléonienne, lorsque la famille d’Hervilly se rend à Saragosse pour commémorer la mémoire d’un oncle disparu. Le fils, Lucien, est alors promis à Dona Serafina, mais, lors d’une fête de village, il tombe amoureux de la belle Paquita – jeune fille recueillie plus jeune par les gitans. Crée en 1846 par Joseph Mazillier, le ballet, mis à part le grand pas exporté en Russie par Marius Petipa, était tombé dans l’oubli. C’est Pierre Lacotte, mémoire vivante de l’Opéra, qui après de longues années de recherche, l’a remis au goût du jour sur la scène de Garnier au début des années 2000. Comme tous les ballets romantiques, l’oeuvre se compose d’un premier acte plus pittoresque, animé par les nombreuses danses de caractère et un second plus romantique, où les danses de bal et jolis pas de deux sont à l’honneur. Exigeant techniquement, Paquita fait appel à la précision du bas de jambe, à la vivacité de la petite batterie et demande un sens théâtral, le deuxième tableau du premier acte étant principalement composé de pantomime. Un ballet où l’on imaginait aisément Hannah O’Neill en Paquita et Mathias Heymann en Lucien d’Hervilly


Avec un Lac des Cygnes à son actif en avril dernier, la ravissante Hannah O’Neill n’en est pas à son premier rôle titre. Avec sa technique affûtée, la jeune danseuse campe une pétillante Paquita. Expressive, elle se montre également à l’aide dans les scènes de pantomime, qui sont dynamiques et bien menées. Sa Paquita est vive et a du tempérament, face à l’Inigo ténébreux d’Audric Bézard.

Quant à Mathias Heymann, quel plaisir de le revoir en scène ! Ses variations se savourent les unes après les autres. Et même si Hannah O’Neill paraît un peu plus grande que lui sur pointes, leur association fonctionne très bien. Ils sont complices, touchants et attachants. 
Hannah O’Neill, Pierre Lacotte et Mathias Heymann

Le summum du ballet est le Grand Pas, véritable exercice de style et de virtuosité, ce qui en fait l‘un des rôles les plus difficiles du répertoire pour les ballerines. Hannah O’Neill s’y révèle flamboyante, enchaînant variation (et la fameuse diagonale de grands jetés) et les fouettés, le tout avec brio. Mathias Heymann rayonne également. Le danseur est au mieux de sa forme, avec toujours ces élévations à en faire pâlir plus d’un, et cela pour notre plus grand plaisir. Une distribution de haute volée, qui aura réussi à ramener le soleil sous le ciel gris parisien..

Marc Moreau, Léonore Baulac et Jérémy-Loup Quer


Le soir, place aux « jeunes talents ». Léonore Baulac interprète une Paquita à la fois espiègle et mutine, face à l’impétueux Inigo de Marc Moreau. Jérémy-Loup Quer s’en sort également très bien dans le rôle de Lucien d’Hervilly. Moins expressif que sa partenaire, son jeu reste plus fermé. Il est bienveillant et attentif et sait mettre en valeur sa lumineuse partenaire. Un joli duo, encore un peu vert, mais tout aussi prometteur.

Pierre Lacotte entouré de Léonore Baulac et Jérémy-Loup Quer

Mention spéciale également au corps de ballet qui malgré la fin de la série et la fatigue accumulée, a toujours ce dynamisme et cette joie de danser. Les lignes formées par les filles dans le grand pas sont impeccables ,  Sans oublier les élégants officiers de Florimond Lorieux et Germain Louvet, ainsi que le bondissant Daniel Stockes dans le pas de trois le soir.


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