La soirée mixte Paul/Rigal/Lock, à laquelle s’est ajouté le pas de deux Together Alone de Benjamin Millepied, était à l’affiche du 2 au 23 février au Palais Garnier. Papa y a assisté le samedi 14 février en matinée, moi le soir. Regards croisés sur ce programme mixte de la saison.
Ludmila Pagliero et Vincent Chaillet

Répliques du danseur et chorégraphe maison Nicolas Paul ouvre cette programmation. Sur une musique de Gyorgy Ligeti, les danseurs évoluent entre différents espaces sur scène. Trop scénarisee? C’est peut-être ce que l’on pourrait reprocher à cette pièce. L’œil de papa se perd entre les couples en scène. Le mien s’est rapidement lassé, malgré de belles propositions chorégraphiques. Le dernier pas de deux est malgré tout une belle envolée, avec Ludmila Pagliero en suspension dans les bras de Vincent Chaillet le soir.
Salut de Pierre Rigal
La soirée se poursuit avec Salut du chorégraphe Pierre Rigal. Surprenante, c’est l’un des termes qui définirait le mieux cette création, commandée par Brigitte Lefèvre. Le rideau s’ouvre sur une scène éclairée avec les danseurs en ligne, vêtus de costumes noir et blanc, prêts à saluer. Les applaudissements s’éternisent rapidement. Les danseurs se séparent au fur et à mesure de leurs costumes loufoques, et finissent par être étirés, presque désarticulés, de tous les côtés. Le propos de Pierre Rigal n’est pas inintéressant en soi, mais il s’étire trop dans le temps (38 minutes). Certains tableaux attirent néanmoins l’attention comme ces lumières rouges qui descendent des cintres. Le chaos, puis une spirale, bien orchestrée remarque Papa. On se demande ce que font certains dans cette création. Une partie du public semble tout de même avoir apprécié. J’avoue avoir attendu longtemps que le rideau se baisse.
Elena Bonnay, Marc Moreau et Aurélie Dupont
Tout en suspension, Together Alone, chorégraphié par Benjamin Millepied pour Aurélie Dupont, détend un peu l’atmosphère. Même si ce pas de deux de dix minutes n’est pas en soi une révolution chorégraphique, il plonge le spectateur dans une ambiance calme et apaisante au son de la musique de Philip Glass. L’après-midi, Papa apprécie la fluidité et la complicité entre les jeunes Letizia Galloni et Marc Moreau. Le soir, Aurélie Dupont, inspirée, semble plus attentive à son jeune partenaire, Marc Moreau assurant toutes les représentations suite à la défection de l’Etoile Hervé Moreau. 
Andreauria 
Enfin, Andreauria d’Edouard Lock clôture le programme. Certainement la pièce la plus dansante et la plus enthousiasmante de la soirée. Papa est admiratif devant la précision et la rapidité du bas de jambe et du travail de pointes des danseuses en scène. Cette chorégraphie vive et ciselée m’impressionne également. Les étoiles masculines et leur petite batterie ne sont pas en reste, et c’est un plaisir de retrouver Mathias Heymann en forme. Parmi les danseuses, Lydie Vareilhes attire l’attention. En revanche, il est dommage que la scène soit si sombre. Quelques longueurs tout de même dans ce ballet de 45 minutes. Alors que l’attention se disperse, le pas de deux final, avec Alice Renavand et Stéphane Bullion, est renversant ! Les deux danseurs sont excellents et Alice Renavand bouleversante.
Quatre pièces, deux heures et demi de spectacle… Ce n’est pas souvent qu’une soirée contemporaine dure aussi (trop?) longtemps. Et malgré le nombre d’Etoiles fulgurant en scène, la soirée Paul/Rigal/Millepied/Lock frôlerait presque l’indigestion. Malgré tout, rien que pour Andreauria cette soirée valait le coup.
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