Du 26 novembre au 31 décembre prochain, le ballet de l’Opéra de Paris reprend Casse-Noisette dans la version de Noureev à l’Opéra Bastille. Une production féérique, enchanteresse, qui nous emmène tout droit vers les fêtes de fin d’année. Pour cette reprise, place aux jeunes talents ! Léonore Baulac et Germain Louvet, actuellement Coryphées, incarnaient pour la première fois les deux rôles principaux le samedi 29 novembre dernier en matinée. Un baptême du feu. 
Léonore Baulac et Germain Louvet
Alors que l’hiver s’installe, c’est avec plaisir que nous nous réfugions à l’Opéra Bastille pour retrouver Casse-Noisette et se laisser envahir par la magie de Noël. Pour cette nouvelle sérieBenjamin Millepied a choisi de casser les codes. Le nouveau directeur de la danse a décidé de confier les rôles principaux aux jeunes danseurs de la compagnie. C’est chose faite avec la distribution réunissant Léonore Baulac et Germain Louvet, tous deux Coryphées. À l’origine prévus les 12 et 17 décembre, les deux danseurs bénéficient de deux dates supplémentaires suite au retrait des Etoiles Josua Hoffalt et Amandine Albisson pour cause de blessure. Les deux jeunes talents faisaient leur prise de rôle ce samedi 29 novembre. 
Lorsque l’on voit Léonore Baulac et Germain Louvet en scène, on sait pourquoi le nouveau directeur de la danse leur a confié les rôles titres. Léonore Baulac, par sa grâce et son allure juvénile, convainc tout de suite en Clara. Elle a une danse légère et aérienne et est très agréable à regarder danser. On perçoit quelques hésitations au premier acte certes, mais le constat est indéniable : Léonore Baulac a l’étoffe d’une soliste. La danseuse a une vraie présence en scène, elle sait prendre possession de l’espace. Elle s’impose dans ses variations, notamment dans le grand pas de deux du deuxième acte. Elle est cette jeune fille, plus vraiment enfant mais encore jeune au premier acte, avant de revenir plus affirmée lors de l’adage du second.
De son côté, Germain Louvet est lui aussi convaincant. Encore un peu vert pour le rôle du parrain énigmatique Drosselmeyer qui éveille les fantasmes de Clara, il dégage lui aussi une belle présence en scène et s’impose comme soliste. Il incarne un prince élégant, charismatique. Le jeune danseur dévoile lui aussi une belle technique et se distingue également par la propreté de la réception de ses sauts. 
Ensemble, les deux danseurs affichent une jolie complicité. Si le stress est palpable dans leur premier pas deux, les deux danseurs se sont bien sortis de cette chorégraphie périlleuse qui ne laisse que peu de répit aux danseurs, où précision et technique affûtée sont de rigueur. Le grand pas de deux du deuxième acte est magnifiquement exécuté, les deux danseurs offrant un bel adage et deux variations bien maîtrisées.
Les deux danseurs ne sont pas seuls en scène. Car Casse-Noisette, c’est toute une ambiance : la grande famille réunie autour du sapin se distribuant les cadeaux, bataille des petits rats, le voyage au royaume des flocons… Une valse des flocons légère et aérienne, avant de repartir dans les ténèbres de la forêt et au royaume des songes. Du côté des seconds rôles et des divertissements, mention spéciale à la charismatique Aubane Philbert, qui incarnait Luisa, la soeur de Clara. Elle a également une belle présence en scène et une danse vive et fluide, que ce soit au premier acte et dans la danse espagnole au second. Simon Valastro semble également prendre beaucoup de plaisir dans le rôle de Fritz. Une fois de plus, Eve Grinsztajn s’est montrée envoûtante aux côtés de Julien Meyzindi dans la danse arabe. Le grand bal avec ses lustres dorés clôture le voyage. 
Un grand bravo également aux petits rats de l’Opéra, ovationnés, pour leur marche vivante au premier acte et qui ont donné tout leur charme à la bataille autour de l’arbre de Noël.
En résumé, des débuts plus que prometteurs pour ces deux jeunes talents. Deux solistes attachants qui devraient avoir de beaux jours devant eux et une carte à jouer au prochain concours de promotion.
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