Le ballet de l’Opéra de Paris célébrait ce samedi 4 octobre les adieux de sa directrice de la danse. Après vingt ans à la tête de la compagnie, Brigitte Lefèvre a esquissé une dernière révérence sur le plateau de Garnier, entourée d’une pléiade de danseurs et d’étoiles.
Brigitte Lefèvre salue une dernière fois après le défilé
Cette soirée de ballets s’ouvrait avec les ballets de William Forsythe. Woundwork1 nous offre quinze minutes de beauté, à suivre les lignes des deux couples se séparant, se mêlant et s’entremêlant au fil de la musique de Thom Willems. On retrouve avec plaisir le quatuor formé par Aurélie Dupont et Hervé Moreau, ainsi que Laetitia Pujol et Mathieu Ganio. Les personnalités ressortent plus qu’à la première, chaque couple dégageant une énergie différente. On suit tantôt les ondulations d’Aurélie Dupont entraînant Hervé Moreau, puis Mathieu Ganio mettant en lumière Laëtitia Pujol. 
Dans Pas./Parts, les danseurs sont encore plus survoltés qu’à la première. Ils dépassent leurs limites, chacun apportant sa pierre à l’édifice. Marie-Agnès Gillot est impériale, Sébastien Bertaud est une fois de plus très impressionnant, Lydie Vareilhes tout simplement bluffante… Au final, juste un mot : grandiose! Présent dans la salle, William Forsythe est venu sur scène saluer avec les danseurs, après une rapide accolade avec Brigitte Lefèvre.  
Changement d’ambiance après l’entracte, les élèves de l’école de danse interprètent Suite de danses d’Ivan Clustine. Place maintenant à la Polonaise de Chopin et aux longs tutus romantiques. Malgré l’enthousiasme de ces jeunes élèves, tous radieux, la chorégraphie est un peu plate et moins intéressante.
L’ambiance dans la salle change rapidement avec Aunis de Jacques Garnier (celui qui a fondé le Théâtre du Silence avec Brigitte Lefèvre à La Rochelle). Mention spéciale aux trois jeunes danseurs du soir – Pablo Legasa, Julien Guillemard et Paul Marque – qui, au son de l’accordéon, ont su transporter le public dans leur univers. Une très belle performance!
Une telle soirée ne pouvait se dérouler sans rendre hommage à l’école française et à la technique académique. C’est chose faite avec Études d’Harald Lander. Depuis la première, l’évolution des danseurs dans ce ballet est plus que perceptible. Les solistes sont beaucoup plus en confiance. Dorothée Gilbert, pétillante, retrouve toute sa prestance. Josua Hoffalt offre de son côté une belle démonstration du style français. Une fois de plus, le corps de ballet se montre encore plus à son aise dans cet exercice de style. Un bon moment!
La soirée s’est clôturée avec le traditionnel défilé du ballet. La Marche des Troyens a pris cette fois-ci une toute autre dimension, encore plus émouvante qu’à l’ordinaire. (Une pensée pour Aurelie Dupont qui défilait là pour la dernière fois). Puis, invitée par Benjamin Pech, Brigitte Lefèvre est venue une dernière fois rejoindre ses danseurs sur la scène de Garnier, remerciant ses Étoiles une par une, puis l’ensemble des danseurs du ballet et des élèves de l’école de danse. 
Seule en scène, la directrice de la danse a tiré sa révérence sous une pluie de paillettes, avant que les anciennes étoiles (Isabelle Ciaravola, Agnès Letestu, Delphine Moussin, Manuel Legris, Kader Belarbi, Elisabeth Playel…) ne la rejoignent devant un parterre debout. Un joli passage de flambeau avec Benjamin Millepied, également présent sur scène. Un aurevoir émouvant et modeste dans une ambiance presque familial.

Au final, une agréable soirée, avec du Forsythe, du classique à l’état pur, de la virtuosité, de l’audace.  Une jolie soirée de ballets. Une page se ferme. Une nouvelle ère débute pour le ballet.
La soirée est à revoir sur Culture Box. Le défilé (qui n’a pas été diffusé ce samedi en raison d’un problème technique) sera retransmis sur France 3 le 8 novembre prochain.
Brigitte Lefèvre et Benjamin Millepied
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