La dernière rencontre de cette saison 2013-2014 réunissait Héloïse Bourdon, Sabrina Mallem (Sujets) et Pierre-Arthur Raveau (Premier Danseur) pour une répétition publique autour de Dances at a Gathering de Jérôme Robbins, sous la direction de Clothilde Vayer.
« Ne cherchez pas d’argument dans Dances at a Gathering, il n’y en a pas. Pour Robbins ce ballet est un peu comme les Sylphides. Les danseurs ont envie de danser ensemble », insiste Clothilde Vayer. L’actuelle maître de ballet de l’Opéra de Paris et future maître de ballet associé à la direction de la danse dirigeait ce samedi 31 mai la répétition publique  du ballet de Robbins. Une séance de travail en trois temps. Celle-ci s’est ouverte avec le pas de deux de la Danseuse en jaune et du Danseur en brun, avec Héloïse Bourdon et Pierre-Arthur Raveau. Un moment léger, aérien et printannier où les deux danseurs virevoltent au son de la musique de Chopin. Héloïse et Pierre-Arthur répètent pour la première fois ensemble (Pierre-Arthur Raveau étant programmé avec une autre partenaire). Clothilde Vayer décortique avec eux le pas de deux dans les moindres détails, apportent ses corrections, insiste sur la fraîcheur et l’effet aérien qui doivent émaner de la chorégraphie. Clothilde invite les deux danseurs à se regarder et à dialoguer entre eux, tout en les poussant à se dépasser. Tandis que Pierre-Arthur Raveau semble déjà bien rodé, Héloïse Bourdon, qui a encore très peu répété ce passage, semble plus hésitante sur certains pas. Les deux danseurs forment un joli duo. Lui est plein d’attention pour sa partenaire. Elle danse avec cette délicatesse qui lui est propre. On regretterait presque qu’ils ne dansent pas ensemble, tellement leur complicité est évidente et le pas de deux gagne en fraîcheur avec eux. Clothilde Vayer congédie les deux danseurs. Ils dansent le soir même dans le Palais de Cristal de Balanchine. 
Sabrina Mallem prend place à son tour sur la petite scène de l’amphithéâtre Bastille. Elle interprète la Danseuse en vert. « Il s’agit de l’unique variation du ballet où une des danseuses s’adresse directement au public », explique Clothilde Vayer. Sabrina Mallem débute sa variation. Elle est supposée regarder l’intégralité de la salle, comme si elle disait bonjour à tout le monde. Mais Clothilde Vayer veille à ce qu’elle n’oublie personne et fait reprendre la danseuse. Car si la maître de ballet a toujours un regard bienveillant sur les danseurs, elle n’en est pas moins exigeante. Rigueur de la transmission oblige. Clothilde Vayer a en effet dansé elle-même ce rôle et tient à respecter les moindres intentions du chorégraphe. Une fois entrée en scène, elle doit faire mine que quelqu’un marche sur sa robe. Elle part ensuite dans une variation aux influences tantôt espagnoles, rappelant parfois l’univers de Broadway et des comédies musicales. Sabrina Mallem s’exécute, avec panache et une grande classe. La danseuse en verte doit dégager plus de maturité. Ce n’est pas une jeune fille, mais une femme. Sabrina Mallem tient son rôle à merveille.
La danseuse présente ensuite un autre extrait du ballet : lorsque la Danseuse en vert se retrouve avec trois des danseurs du groupe. Tandis que trois des danseurs traversent la scène, Sabrina Mallem est supposée les aguicher. Mais ces derniers traversent la scène, chacun leur tour, sans répondre aux avances de la jeune fille. La danseuse virevolte autour d’eux, leur sourit, leur parle, sans succès. Après avoir demandé l’aide (finalement déclinée) de Fabrice Bourgeois, assistant-maître de ballet, présent dans la salle, Clothilde Vayer prend la double casquette de répétitrice et de « danseur ».  Tout se joue dans les regards, les gestes. Comme l’explique Clothilde Vayer, si le garçon est sympa et marche lentement. Sinon, la tâche est plus délicate car la danseuse ne s’arrête jamais. Elle finit par se retrouver seule en scène et à danser pour elle, la variation de termine avec une jolie pointe d’humour. Conclusion : Sabrina Mallem est indéniablement une danseuse à découvrir dans ce rôle en scène.

La répétition s’achève sur ces dernières notes. Clothilde Vayer félicite sa danseuse, sans oublier la pianiste du jour, Vessela Pelovska, qui, comme le rappelle Clothilde Vayer, est seule en scène pendant une heure alors que les danseurs sont tout un groupe à danser. En guide de dernière anecdote, elle raconte comment les danseurs avaient été perturbés quand Robbins leur disait de regarder au loin à la fin du ballet. « -On regarde quoi? », demandaient-ils. « -Le public? » -« On regarde au loin, c’est tout », répondait le chorégraphe. Enfin, pour clôturer cette ultime répétition de la saison, la danseuse invite à venir voir le ballet plusieurs fois. L’atmosphère variant selon les distributions.
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