Du 10 mai au 3 juin, le ballet de l’Opéra de Paris présente le programme Balanchine/Millepied à l’Opéra Bastille. Double événement avec d’un côté le retour de Palais de Cristal de Balanchine et la création attendue de Daphnis et Chloé, chorégraphiée par Benjamin Millepied, prochain directeur de la danse de la compagnie.

Saluts du Palais de Cristal

Il y a quelques semaines, la presse dévoilait les premières esquisses des costumes de Christian Lacroix pour la reprise du Palais de Cristal avant de publier les clichés de certains tutus. Le ballet a fait appel au célèbre couturier pour la confection des costumes de La Source de Jean-Guillaume Bart, trois ans auparavant. C’est en 1947 que le ballet entre au répertoire de l’Opéra de Paris, chorégraphié par l’américain George Balanchine sur la Symphonie en Ut de George Bizet. Pièce marquante dans l’histoire du ballet de l’Opéra, Palais de Cristal donne un nouvel élan à la compagnie. Elle sera dansée à maintes reprises. Sa jumelle, Symphonie in C sera créée au New-York City Ballet un an plus tard.
Sur l’immense scène blanche (et vide) de l’Opéra Bastille, quatre groupes de danseurs se succèdent. Tous parés des sublimes costumes scintillants signés Christian Lacroix, respectivement rouge, bleu, vert et rose « poudré » pour distinguer les quatre mouvements composant la Symphonie de Bizet. On retrouve ainsi le rouge pour suggérer le caractère de l’Allegro Vivo avec Amandine Albisson et Mathieu Ganio. Puis, le lyrisme du deuxième mouvement (Adagio) s’empare ensuite de la salle au son du hautbois. Un joli moment de poésie mené par Marie-Agnès Gillot (que l’on prend plaisir à revoir en scène) et Karl Paquette. Le rythme de cette Symphonie s’accélère et place au troisième mouvement avec l’Allegro Vivace dansé par Ludmila Pagliero et Emmanuel Thibault. Le quatrième mouvement ferme la marche avec Nolwenn Daniel et Pierre-Arthur Raveau, avant que chacun des groupes ne revienne en scène, pour un final majestueux, réunissant les quatre couleurs réunis dans des ensembles symétriques au sein de ce Palais de cristal.
Saluts de Daphnis et Chloé
Création attendue par le public, la relecture du mythe grec Daphnis et Chloé par Benjamin Millepied a beaucoup fait parlé d’elle ces dernières semaines. Primo, rappelons que le chorégraphe n’est autre que le futur directeur de la compagnie (il prendra ses fonctions à l’automne 2014). Secundo, entre les premières images des répétitions divulguées sur Twitter semaine après semaine, les articles dans la presse et la bande-annonce du spectacle, cette création a attisé la curiosité de nombreux passionnés. Ajoutons la très belle partition de Ravel et la scénographie confiée à Daniel Buren (à l’origine des colonnes à rayures noires et blanches de la place du Palais-Royal). Verdict ? Le ballet mérite le détour. Benjamin Millepied livre une chorégraphie à la fois poétique avec les nymphes légères se mouvant dans l’espace, mais aussi lyrique et sensuelle. La pièce est portée par le charisme des Étoiles Aurelie Dupont et Hervé Moreau (Chloé et Daphnis), le brio de l’aérien François Alu et les interprètes Eleonora Abbagnato et d’Alessio Carbone. Benjamin Millepied signe une pièce brillante. Une relecture interessante et intelligente, qui ne manque pas de mettre en avant les talents du corps de ballet (Léonore Baulac en tête, mais aussi Lydie Vareilhes, Marine Ganio, Lucie Fenwick, etc. côté filles et Allister Madin, Marc Moreau, Jeremy Loup Quer & co, côté garçon). 
Une soirée à ne manquer sous aucun prétexte (et que pour ma part, j’ai hâte de revoir). Deux autres distributions se succèderont avec dans les rôles principaux, Laetitia Pujol et Mathieu Ganio ainsi qu’Amandine Albisson et Mathias Heymann.
A lire sur le même sujet