Du 5 au 10 avril, les élèves de l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris présentent leur spectacle annuel sur la scène du Palais Garnier. Avec sa programmation plus qu’alléchante – Concerto en Ré, La fête des fleurs à Genzano, pas de six et Tarentelle de Napoli, Scaramouche et Yondering – il n’était pas question de louper le rendez-vous cette saison !

Elisabeth Platel et les élèves de l’Ecole de danse
Deux fois par an, les petits rats de l’Opera investissent la scène du Palais Garnier : fin décembre pour les démonstrations et au début du printemps pour le spectacle. Et chaque année, on ressort ébahi et impressionné par le professionnalisme de ses jeunes talents, si doués qui nous font partager leur plaisir et leur joie de danser. 
Cette année, le spectacle se divisait en deux parties. Une première plus académique débutait par le Concerto en Ré chorégraphié par la précédente directrice de l’Ecole de Danse, Claude Bessy. Pour « célébrer  » la fin du règne de Brigitte Lefèvre, l’actuelle directrice de l’institution, Elisabeth Platel, a décidé de programmer cette pièce, entrée au répertoire de l’école de danse en 1977, qui a la particularité de réunir en scène la majorité des élèves de l’école de danse, de la sixième à la première division.  Au rythme de la partition de Bach, les petits rats exécutent ainsi les célèbres pas du langage classique. Dégagés, demi-pliés, jetés, échappés, pas de bourrés sont de la partie, sur demi-pointes pour les plus jeunes, sur pointes pour les plus grandes. Pour finir en beauté, les élèves des plus grands aux plus petits reviennent tous en scène telle une ribambelle, et dessinent un grand cercle. Ils se regroupent ainsi au centre de la scène, tandis que l’une des jeunes élèves de sixième division s’avance discrètement au centre du cercle. Et soudain, sur les derniers accords, elle apparaît au sommet de ce florilège de jeunes danseurs pour un tableau final plus qu’attachant.
Continuons sur cette lancée avec le pas de deux La fête des fleurs à Genzano. Une prouesse technique qui met en avant les qualités d’Anaïs Kovacsik et de son partenaire Chun Wing Lam. Tous les deux forment un joli couple et sont récompensés par de chaleureux applaudissements. La démonstration continue avec le pas de six et la tarentelle extraits de Napoli. Ces divertissements purement techniques sont destinés aux élèves des grandes divisions. Cette fois-ci les variations s’enchaînent. Toujours plus techniques, toujours plus impressionnants, toujours plus précis, les élèves sont brillants et montrent l’étendue de leurs possibilités techniques. Avec cette facilité presque déconcertante, ils exécutent les enchaînements. Seul bémol, l’exercice est un peu longuet et ces trente-cinq minutes sont certes riches en petites batteries mais s’éternisent un peu trop. 
Saluts de Scaramouche
Changement de style après l’entracte, avec une deuxième partie moins académique et plus dans l’artistique. José Martinez a une idée plus qu’original pour son Scaramouche. Spécialement créé pour l’Ecole de danse en 2005, ce ballet raconte ce qu’il peut bien se passer dans une salle de danse avant que le professeur arrive et que le cours commence. Et les petits rats ne manquent pas d’imagination! Les personnages de la Comedia Dell’arte entrent en scène avec en tête Scaramouche. Une fois de plus les élèves sont épatants ! Dotés d’une présence scénique incontestable, ils nous entraînent dans les coulisses du petit théâtre de la Comedia Dell’arte avec beaucoup de panache et pour le plus grand plaisir de la salle. Ils arriveraient presque à nous faire rire aux éclats. Colombine rêve de son côté aux grands ballets du répertoire et à Giselle dans un joli tableau romantique avant que la fête du carnaval investisse la scène de Garnier et nous entraînerait presque dans la farandole. Un grand bravo à tous ces élèves qui sont tout simplement extraordinaires. Quand aux costumes, réalisés par Agnès Letestu, ils sont comme toujours magnifiquement bien réussis. Coup de cœur pour les petits rats, gris et rose, qui sont tout simplement à croquer! 
La soirée se clôturait ensuite par une autre pièce emblématique : Yondering de John Neumeier. Uniquement dansée par des écoles de danse, elle revisite en sept tableaux le passage de l’insouciante jeunesse à la maturité, de la naissance du sentiment amoureux et la perte de la pureté. Une pièce où s’illustrent à nouveau les grandes divisions. On aime Molly, do you love me? ainsi que la grâce et la légèreté de Philippine Flahault. On se laisse entraîner par les rythmes irlandais et l’optimisme contagieux de Dancing on the river. On suit Marion Gautier de Charnacé virevolter autour de Julien Guillemard et Simon Le Borgne pour finir dans un sublime porté. De temps en temps, on reconnaît la signature de Neumeier avec les portés aériens qui ne sont pas sans rappeler ceux de La dame aux Camélias. Les élèves reviennent tous en scène pour un ultime tableau avant que le rideau ne se ferme.
Les spectacles de l’école de danse font partie de ces soirées que l’on oublie pas (malgré les placements peu avantageux de l’Arop) et que l’on ne regrette jamais. Bravo à tous les élèves, si brillants et talentueux, et à leur directrice, Elisabeth Platel pour avoir concocté ce programme si pertinent. Souhaitons leur une très belle continuation pour la suite des représentations et le meilleur pour la suite de leur scolarité et de leurs carrières respectives pour les plus grands. 
A lire sur le même sujet