Samedi 1er mars. Après les fortes émotions de la veille, direction le Palais des Congrès pour le Gala des Etoiles. Pour sa deuxième édition, celui-ci rendait hommage au danseur Etoile Manuel Legris, directeur du Ballet de l’Opéra de Vienne depuis 2010.

Si bien évidemment les spectateurs du soir s’étaient déplacés pour voir Manuel Legris, la liste des danseurs invités était loin d’être décevante, même si certains choix chorégraphiques ont plus remporté l’adhésion du public que d’autres.
Incontestable danseur de la soirée, Manuel Legris, en très grand forme, a montré une fois de plus l’étendue de son talent. Que ce soit aux côtés d’Aurélie Dupont, l’une de ses grandes partenaires attitrée de l’Opéra, dans le dernier pas de deux du Parc, celui de l’abandon et de ce long baiser où la danseuse vole littéralement dans les airs, ou dans celui de Sylvia de Neumeier, le danseur étoile dégage toujours autant. Il a toujours cette fougue, cet enthousiasme, cette joie de danser… Dommage que sa partenaire semble éteinte. Le partenariat perd de ce fait en intensité. Mais Manuel Legris a cette frénésie qui stimule son public à chacune de ses apparitions en scène. Cela va bientôt faire cinq ans que cet illustre artiste a fait ses adieux à la scène de l’Opéra de Paris. Et cinq ans après, il a toujours la forme !
Dans le pas de deux de la Chauve-souris, aux côtés de la belle Olga Esina, il nous gratifie d’un beau moment de danse, avec une pointe d’humour bien dosée. Olga Esina entre dans le jeu et s’amuse à se faire courtiser. Un réel plaisir de revoir Manuel Legris en scène !

Aurélie Dupont et Manuel Legris
Autres représentants de l’Opéra de Paris pour ce gala, Mathias Heymann et Charline Giezendanner (qui remplaçait Ludmila Pagliero, initialement prévue). Les deux danseurs ont interprété le Donizzeti pas de deux, chorégraphié par Manuel Legris . Un petit pas de deux guilleret et divertissant en apparence mais redoutable techniquement. Dans ce morceau de bravoure, que ce soit dans la variation ou dans la coda, Mathias Heymann impressionne par sa virtuosité et son talent. Chapeau bas à l’Etoile masculine qui était déjà sur scène la veille pour interpréter le poétique Lenski dans Onéguine. Le danseur est revenu en deuxième partie avec la variation lente du prince Désiré de La belle au bois dormant (chor. Noureev) où, mélancolique, il mêle technique et artistique avec justesse. Quant à Charline Giezendanner, qui était également sur scène la veille pour interpréter la soeur de Tatiana dans Onéguine, elle n’a pas démérité non plus et a offert une jolie variation. Au final, un pas de deux complice et léger.
Parmi les autres beaux moments de cette soirée, il fallait bien évidemment compter sur la belle Marianela Nunez et son partenaire Thiago Soares. Les deux danseurs du Royal Ballet se sont déchaînés dans le pas de deux du troisième acte de Don Quichotte. Le rôle de Kitri sied parfaitement à Marianela Nunez qui est tout simplement extraordinaire. Puis, changement complet de registre avec Winter Dreams (chor. MacMillan). A chacune de leurs apparitions, les deux solistes ont remporté l’adhésion du public. La belle découverte de cette soirée restera néanmoins le pas de deux d’Anna Karénine réunissant les deux danseurs du ballet de Vienne, avec à nouveau Olga Esina et Kirill Kourlaev. Un pas de deux tourmenté, en plein coeur du drame de Tolstoï, avec de beaux portés.
Côté Bolchoï, la compagnie moscovite était représentée par Ekaterina Krysanova et Semyon Chudin. Un duo pas si bien assorti, les deux danseurs paraissant peu habitués à danser ensemble. Leur partenariat dégageait moins d’émotions. Tandis que La Belle au bois dormant n’était pas si rayonnante, La fille du pharaon manquait de piquant. 
Comme dans les galas, il y a des moments où la bande-son grésille, et où la musique devient insupportable, si bien qu’elle en gâche le plaisir. C’est ce qui s’est passé pour le couple de danseurs du ballet de Stuttgart, composé de Maria Eichwald et Friedeman Vogel. Ils interprétaient le pas de deux de la chambre de L’histoire de Manon. Dommage car cet extrait du ballet de MacMillan est l’un de mes préférés. Quant à Mona Lisa, le ballet frôle le contortionisme, rappelle le style de MacGregor mais lasse. Le Factum de Patrick de Bana, aux côtés de Ketevan Papava était un peu long mais agréable découverte de Aimless avec Tamako Akiyama et Dimo Kirilov.

Au final, un gala pour lequel on retiendra les apparitions, toujours aussi sensationnelles, de Manuel Legris avec un gros coup de coeur pour son duo avec Olga Esina. Une représentation qui s’est clôturée sous une pluie de paillettes. A noter que la salle du Palais des congrès était loin d’être pleine samedi soir. En cause, les tarifs relativement élevés (88 euros en première catégorie). Les dernières catégories se sont ainsi un peu plus rapprochés de la scène.
A lire sur le même sujet