Dimanche 19 janvier, le Bolchoï faisait sa rentrée sur les grands écrans avec le triptyque de George Balanchine. Après les danseurs de l’Opéra de Paris, du Royal Ballet, place maintenant à ceux du Bolchoï.
Après avoir vu quelques minutes Evgenia Obratsova répéter Diamants avec son partenaire, cette nouvelle séance de cinéma en direct de Moscou s’ouvrait plutôt bien. A ce moment là, je ne me doutais pas encore que mon coup de coeur de cet après-midi aurait été le dernier ballet composant cette soirée : Diamants.
Le triptyque de George Balanchine nous entraîne à travers trois grandes villes : de l’élégance parisienne, aux rythmes jazzy de New-York et jusqu’au ballet impérial de St-Pétersbourg. Des trois pièces, c’est au cours de la troisième que je me suis sentie le plus transportée. Il faut dire que la dernière pièce du triptyque était servie par des interprètes d’exception. Olga Smirnova, vingt et un an à peine, et déjà l’étoffe d’une étoile. Que dire de cette danseuse, mise à part qu’elle m’a totalement bluffé, subjugué, de part son interprétation,sa présence, mais surtout par sa maturité artistique et sa technique sans faille. Même depuis la scène historique du Bolchoï, elle électrise et fait passer les émotions. Ses ports de bras, le moindre mouvement, tout est d’une justesse incroyable. Sans nul doute, cette jeune danseuse est l’un des grands espoirs dont on entendra de plus en plus parler. Elle est très bien accompagnée par un partenaire charmant, Semyon Chudin, qui sait mettre en valeur sa partenaire et fait preuve d’une belle technique. Ils sont bien accompagnés par un corps de ballet plus que convaincant. Des danseurs formant de beaux ensembles, de belles lignes. Ils se donnent corps et âmes dans la pièce, pour un final à l’unisson.
En première et deuxième parties, Emeraudes et Rubis faisaient plus pâles figures. Toujours aussi raffiné, Emeraudes sur une agréable partition de Gabriel Fauré mêle avec élégance les suites de variations, tandis que les danseurs enchaînent les pas les uns après les autres. Peut être manquait il ce petit plus, ce moelleux, cette douceur et cet abandon pour continuer à transporter. Anna Tikhomirova dégage une présence lumineuse et une joie de danser communiquante. De sa danse, émane beaucoup de douceur.
Dans Rubis, on ne peut que s’incliner devant la présence Ekaterina Shipulina, la « grande » danseuse. Souveraine, elle n’en impose pas pour autant autant que Marie-Agnès Gillot dans le même rôle. Même s’ils étaient moins dans le « swing », Ekaterina Krysanova et son partenaire ont égayé la scène pour nous plonger dans l’ambiance New-Yorkaise.
Il est dommage que les plans pour cette captation aient été aussi mal filmés. Entre les danseurs apparaissant après le lever de rideau ou les pies couplés, il est toujours frustrant de ne pas pouvoir suivre avec ses propres jumelles les danseurs et d’avoir l’impression que la caméra passe à côté de quelque chose. Dernier regret, le manque de richesse des interviews, plus dédiés à faire de la promotion pour les prochaines diffusions que d’en apprendre plus sur la genèse du ballet. Mais cela n’entachera pas le beau souvenir de ce Diamants.
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