Retour dans le passé avec une chronique jusqu’à présent restée au fond d’un tiroir, la visite de l’exposition intitulée « Le ballet de l’Opéra », présentée du 5 juin au 1er septembre dans les espaces publics du Palais Garnier et à la Bibliothèque-Musée. 

Samedi 31 août. Avant-dernier jour avant la fin de l’exposition « Le ballet de l’Opéra ». J’y vais, j’y vais pas ? De passage dans le quartier et Carte Arop en main, je me décide à entrer. L’exposition est présentée depuis début juin à l’occasion du tricentenaire de l’Ecole de danse française, célébré au mois d’avril. Elle retraçe l’histoire du ballet de l’Opéra depuis la création de l’Académie Royale de Danse en 1661 par Louis XIV jusqu’à l’ère Brigitte Lefèvre, en passant par les grandes étapes historiques du ballet. Dans la queue plus de touristes que d’habitués, au mois d’août la chose n’est pas étonnante, d’autant plus que l’exposition est présentée depuis un moment. Il y a toujours du monde pour visiter l’Opéra et, en ce samedi après-midi, il n’est pas évident de prendre son temps et de s’attarder longuement sur certains croquis et clichés.

Dans les espaces publics de Garnier sont présentés et mis en scène les costumes du ballet : des grands ballets classiques, en passant par les contemporains et ceux des productions récentes. Lors de la série de La Sylphide en juin 2013, le public avait déjà l’occasion d’observer de plus près ces costumes lors des entractes et d’admirer les détails de ces pièces uniques. Car oui, on ne peut rester insensible face à ces oeuvres d’art. La moindre pierre incrustée, le choix de tissus, la forme, tous ces éléments font de toutes ces pièces des éléments de haute-couture. On y retrouve, entre autre, les costumes de Nikiya et Solor dans le premier acte de La Bayadère, les longs tutus romantiques de Myrtha ou de la Sylphide, mais aussi le tutu du pas de deux du Papillon. Les costumes de Christian Lacroix dessinés pour le triptyque Joyaux sont présents, également ceux de la Source. Sans oublier les pièces dessinées par l’Etoile Agnès Letestu pour Scaramouche (chorégraphie : José Martinez, 2005) créé pour l’Ecole de danse, ainsi que pour Les Enfants du Paradis (chorégraphie : José Martinez, 2008) cette fois-ci pour le ballet de l’Opéra. 

Tout autour des costumes sont disposées les photographies des danseurs et danseuses Etoiles de l’Opéra qui se sont succédés depuis la création du titre. Cette partie de l’exposition s’intitule « Le chemin des Etoiles »et n’est pas celle qui passionne le plus les touristes, qui semblent préférer les costumes à la collection de clichés – plus ou moins récents – selon les danseurs pour les Etoiles encore en activité du moins. Certaines photographies apparaissaient déjà dans le calendrier commercialisé en 2009 à la boutique de l’Opéra.

Costumes de Roméo et Juliette, scène du bal dans la version de Sasha Waltz (2007)

Le coeur de l’exposition est confiné dans la bibliothèque-musée de l’Opéra et retrace l’histoire du ballet. Croquis, vieux clichés étaient exposés dans un ordre chronologique. Esquisses de costumes, de décors des premiers ballets présentés à l’Académie Royale, puis à l’Académie Impériale de musique, témoins du passage de l’état de divertissement au ballet pantomime. Rapidement, on arrive à la partie dédiée aux grands ballets romantiques, avec des photos de spectacle de Giselle et de La Sylphide. Au milieu de la pièce, trône le costume du premier acte de Giselle. Suit l’espace consacré la période Lifar avec des croquis du décor de Phèdre, sur lesquels on s’amuse à déchiffrer les écritures minutieuses livrant les instructions du chorégraphe. Intermède, une partie consacrée à l’Ecole de danse nous plonge dans les années Bessy, dans les couloirs du Palais Garnier jusqu’aux locaux de Nanterre, avant l’arrivée d’Elisabeth Platel à la tête de l’institution. On arrive rapidement aux encarts résumant l’intégralité du répertoire du ballet : des grands classiques au contemporain. L’exposition se termine sur un panneau dédié à Brigitte Lefèvre et à « son oeuvre ». Bilan de ces quinze années de règne. Dernière image, la fameuse photo prise à l’occasion du Tricentenaire, réunissant les élèves de l’Ecole de danse et les membres du ballet.

Si les passionnés et connaisseurs n’apprennent pas grand chose en visitant cette exposition, ils peuvent s’attarder devant ces clichés et croquis recélant de secrets. L’un des défauts majeurs de cette exposition est de ne pas donner beaucoup d’informations sur le passé et d’accorder plus de place à la dernière décennie. Le public aurait souhaité avoir plus d’informations, plus de témoignages vidéos, inédits, sur ce qu’il ne connaissait pas, plutôt que de voir des extraits d’enregistrement récents qui sont disponibles  à la boutique de l’Opéra.

Costume de La Sylphide 

Parmi les touristes, présents en masse à cette période, il était intéressant de déceler les passionnés du ballet, qui se passionnent devant l’un des croquis de costumes de Lifar. Enfin, on ne peut que sourire devant les touristes qui s’amusent à prendre tous les costumes en photo, ce qui n’est pas un problème en soi, mais qui fait sourire quand on voit que certains d’entre eux ne prennent pas la peine de regarder l’oeuvre, de quel ballet il s’agit. A croire que maintenant avec les smartphones, on peut tout capter sans pour autant prendre la peine de s’intéresser vraiment.

Une exposition intéressante tout de même, avec une rare occasion de voir exposer de belles pièces mais qui restait tout de même chère (10euros) pour des personnes ayant déjà visité le Palais Garnier et connaissant, un tant soi peu, l’histoire du ballet.

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