La saison 2012-2013 s’est achevée le 15 juillet dernier. L’heure est maintenant au bilan. Depuis le mois de septembre et la soirée dédiée à George Balanchine jusqu’aux dernières notes de La Sylphide. Quels sont les ballets qui ont marqué cette saison ? Une recherche dans les billets, les feuilles de distribution et en route pour un bilan !

Pour commencer, que dire de cette saison 2012-2013 ? Lorsque l’on commence à chercher dans sa mémoire pour se remémorer ce que l’on a vu depuis septembre dernier, cela ne présage rien de bon ! Pire, cela signifie que cette saison n’était pas si passionnante. Il faut dire que sur le papier, la série de spectacles n’était pas si enthousiasmante. Pourtant entre l’année Noureev, le Tricentenaire de l’École de danse etc., de beaux évènements étaient annoncés.

De bons (et émouvants) moments

Peu de souvenirs fort ressortent de cette saison, mais plutôt quelques instants, quelques représentations marqués d’émotions. En tête, le retour de La Sylphide, en fin de saison, le ballet romantique par excellence, avec Mélanie Hurel découverte dans le rôle titre, une bonne surprise ! Elle a incarné une douce et attachante Sylphide aux côtés de l’aérien et bondissant Mathias Heymann, tous deux formant un couple attachant. Lors d’une autre soirée Mathieu Ganio nous enthousiasmait avec son élégant James aux côtés de Dorothée Gilbert pour une unique représentation. Moment particulièrement émouvant, le pas de deux de Roméo et Juliette avec le fougueux et extraordinaire Nicolas Le Riche et Laëtitia Pujol,  certainement le meilleur instant de la soirée Hommage à Noureev du 6 mars dernier. Enfin, dans un autre registre, le troublant Afternoon of a Faun dans la version de Robbins avec Stéphane Bullion et Emilie Cozette.

Nicolas Le Riche et Laëtitia Pujol, couple émouvant
dans le pas de deux du balcon de Roméo et Juliette


Des retours 

Le retour en scène, tant attendu, après une saison blanche,  de Mathias Heymann. Accueilli par des applaudissements chaleureux et émouvants à l’occasion du gala Noureev et de son solo Manfred. A nouveau en scène dans le rôle titre dans l’Oiseau de feu de Maurice Béjart, un oiseau prêt à prendre son envol, et enfin au top dans la Sylphide début juillet, toujours aussi époustouflant dans ses variations. Un autre danseur qui avait bien manqué, Hervé Moreau, en début de saison, un danseur si élégant et très charismatique, qui ravit à chacune de ses apparitions.

Mathias Heymann, de retour dans un grand rôle classique
aux côtés de la délicate Mélanie Hurel



De bonnes (et vraiment bonnes ) surprises.

La bonne surprise de cette saison, le détour au Théâtre André-Malraux de Rueil-Malmaison pour découvrir Désordres avec le groupe 3ème Etage mené par Samuel Murez. Une excellente soirée, vraiment audacieuse et réussie, mettant en valeur les qualités de danseurs, que l’on prend plaisir à découvrir sous un autre jour et une autre scène que l’Opéra de Paris. Avec en l’occurrence le  bondissant François Alu, mais également Mathieu Botto, Laura Hecquet, Léonore Baulac, Takeru Coste et l’énormissime Hugo Vigglioti, excellent dans le style, pour ne citer qu’eux. Mention spéciale pour le programme, fort bien conçu, et les biographies (très réussies !) des danseurs. Auparavant, je garderai un excellent souvenir de l’entretien avec Samuel Murez, dévoilant le cheminement de son spectacle. Une rencontre passionnante.
Souvenir londonien, Swan Lake par le Royal Ballet en octobre fût aussi un souvenir impérissable. Dans les rôles principaux Marianela Nunez, tout simplement magnifique, accompagnée du beau Thiago Soarres. 

Marianela Nunez et Thiago Soarres lors de la représentation
de Swan Lake (Royal Opéra House)

Des déceptions ?
Sans aucun doute, la Gala rendant hommage à Noureev le 6 mars. Une soirée sans ambition, très courte, avec des enchaînements rapides, et malheureusement peu d’émotions malgré quelques bonnes surprises (dont le pas de deux de Roméo et Juliette). Un peu dommage d’ailleurs, sachant que 2013 était une année double anniversaire célèbrant les vingt ans de la disparition et les 75 ans de la naissance du chorégraphe. En décembre, la série de Don Quichotte, beaucoup moins flamboyante que lors de la dernière reprise en 2007, malgré une belle représentation le 14 décembre avec Ludmila Pagliero et Mathieu Ganio, mais s’essouflant un peu dans le dernier acte. Pour finir, le Boléro de Cherkaoui, peu intéressant.
Ce que j’ai manqué (à mon grand regret)
La reprise de la IIIème Symphonie de Mahler que j’avais pourtant bien apprécié lors de son entrée au répertoire que j’aurais adoré revoir. Le gala Noureev au Palais des congrès avec une pléïade d’artistes venus de tous les horizons. Le plus gros regret de cette saison est certainement d’avoir répondu aux abonnés absents lors du gala dédiée à Pierre Lacotte où apparaissait la belle Evguenia Obratsova. Certainement l’une des représentations (et apparition) à ne pas rater de la saison.

Les Documentaires de l’année.

Trois documentaires intéressants ont été diffusés cette saison. Pour commencer, « Le grand saut » de Virginie Kahn qui suit les élèves du Conservatoire de Paris. En décembre, « la danse à tout prix « qui montrait le parcours de quatre jeunes danseurs du corps de ballet de l’Opéra, à savoir Léonore Baulac, Héloïse Bourdon, Pierre-Arthur Raveau ou encore François Alu. Enfin, à l’occasion du Tricentenaire, les six épisodes de « Graines d’Etoiles« , témoignage cette fois-ci d’une année à l’école de danse, ont été retransmis sur Arte.

Agnès Letestu, Hervé Moreau, Isabelle Ciaravola
et Mathieu Ganio lors de la soirée Forsythe

La Saison 2012-2013 en quelques mots

S’il fallait revenir sur cette saison en quelques mots. Octobre : Une Agnès Letestu, séductrice et inflexible dans le rôle de la sirène dans Le fils prodigue de George Balanchine. Les danseuses du corps de ballet fluides et légères dans Sérénade. Aurélie Dupont et Nicolas Le Riche dans Agon. Novembre : Un jour ou deux. Le feuilleton du concours de promotion. Valentine Colasante, première danseuse. Eléonore Guérineau, enfin sujet. Mathilde Froustey non classée, déception. Les changements de distribution incessants sur Don Quichotte et une reprise un peu « bancale », mais un Karl Paquette toujours présent aux côtés de Ludmila Pagliero. Du côté de Garnier, Agnès Letestu et Hervé Moreau, puis Isabelle Ciaravola et Mathieu Ganio dans Woundwork 1. Le corps de ballet dans Kaguyahime. Janvier, Benjamin Millepied est annoncé comme prochain Directeur du Ballet de l’Opéra. Mars : Soirée Roland Petit et nomination d’Etoile d’Eléonora Abbagnato. Avril : Le Gala du Tricentenaire de l’école française de danse avec une semaine complète de festivités. Mai : Mathias Heymann dans l’Oiseau de feu. Sur Youtube, Isabelle Ciaravola est toujours aussi malicieuse dans le rôle de l’Ange (IIIème Symphonie de Mahler). Signes à la Bastille. Mathilde Froustey s’envole aux USA. Stéphane Phavorin fait ses adieux dans la Sylphide le 15 juillet au cours de la dernière représentation de la saison.

Dorothée Gilbert pour sa seule et unique Sylphide le 22 juin

En résumé, une saison 2012-2013 un peu monotone, éclairée par des prestations de temps à autre, de belles soirées de temps à autre, des galas extérieurs intéressants et intrigants. Espérons que la prochaine saison soit plus homogène !
Rendez-vous maintenant dès septembre pour la Dame aux Camélias, tout en se préparant psychologiquement à voir trois grandes Etoiles, trois artistes quitter la scène.

A lire sur le même sujet