Retour sur la représentation de la Sylphide du samedi 13 juillet en matinée avec Mélanie Hurel (La Sylphide), Mathias Heymann (James), Muriel Zusperreguy (Effie), Stéphane Phavorin (La Sorcière) et Alexandre Gasse (Gurn). Une dernière Sylphide pour clôturer cette saison 2013-2014.

Mathias Heymann (James) et Mélanie Hurel (La Sylphide)

Pour une dernière représentation de l’année au Palais Garnier, replongeons dans l’univers romantique et retournons dans les paysages écossais entre rêve et réalité, à la veille d’un mariage, qui, finalement, n’aura pas lieu. Si l’on était déçu au départ du retrait des distributions d’Aurélie Dupont et de Mathieu Ganio fin juin, la déconvenue aura été bien vite oublié au vue des prestations de Mélanie Hurel et de Mathias Heymann lors de cette représentation.

Le soir de la première, Mélanie Hurel incarnait Effie, la fiancée de James. Samedi, elle tenait le rôle principal. Au cours de cette matinée, cette dernière a dévoilé toutes ses qualités de danseuse romantique et sa capacité à incarner cet être immatériel et insaisissable. Evanescente et vaporeuse à souhait, elle est douce et légère. Elle maîtrise les combinaisons de pas rapides, tout en conservant cette douceur dans ses ports de bras, qui lui donne cette impression de flotter dans les airs. Elle fait tourner la tête de James et l’entraîneà sa suite. Plus fermée dans le premier acte, elle s’envole littéralement dans le second. Mélanie Hurel est particulièrement touchante dans la scène finale du voile, lorsque la Sylphide perd ses ailes et s’éteint, telle une fleur délicate, laissant un James désemparé.

Mathias Heymann, son partenaire, est un James d’un tout autre genre que celui de Mathieu Ganio. Différent, mais fort intéressant! Juste dans son interprétation, il livre un personnage juvénile. Il est sincèrement amoureux d’Effie, mais tombe complètement sous le charme de cet être irréel tout droit sorti de ses rêveries, qui le séduit. C’est un plaisir de revoir ce danseur dans des grands classiques. Comme à son habitude, Mathias Heymann est particulièrement époustouflant lors de ses variations avec des sauts, si aériens et si hauts, que l’on croirait presque qu’il va rester en suspension, sans oublier cette petite batterie ! 
Une belle complicité émane des deux danseurs qui forment un couple très convaincant. Ces derniers donnent encore plus de relief à l’argument, et au dénouement tragique qui se met petit à petit en place au fil du ballet.
Muriel Zusperreguy est quant à elle une Effie charmante, douce et appliquée, très amoureuse de son James. Le pas de trois du ballet, moment clé de l’œuvre, qui réunit les trois protagonistes, était particulièrement réussi, mettant en avant ce triangle amoureux.

Mathias Heymann et Mélanie Hurel lors des saluts
Au cours du premier acte, le pas de deux des Ecossais mettait en lumière Eléonore Gérineau et Allister Madin. Un divertissement bien assuré de la part des deux danseurs. Eléonore Guérineau démontre toutes ses qualités à tenir un rôle de demi-soliste avec une présence scénique fascinante, qui retient l’attention. Elle était bien soutenue par un Allister Madin, lui aussi très en forme. Son écossais était fougueux et très charismatique.

Stéphane Phavorin
Une fois de plus le corps de ballet a été impeccable (peut-être quelques placements plus aléatoires que le soir de la Première). L’ouverture du deuxième acte, avec ses sylphides qui flottent dans les airs fait toujours son effet et entraîne les applaudissements d’un public, quelque peu endormi et moins réactif au cours de cette matinée (ce qui n’est pas forcément pour déplaire et change de certaines représentations en matinée où tout le monde applaudi à tout bout de champ). Quant au premier acte, on sentait une bonne ambiance et un plaisr de danser lors des danses écossaises chez les danseurs du corps de ballet.

Stéphane Phavorin s’est révélé être à nouveau excellent dans le rôle de Madje, la sorcière maléfique qui donne le voile empoisonné à James. Quoiqu’on en dise, ce danseur est toujours excellent dans les rôles de caractère. Cette série de La Sylphide était pour lui la dernière occasion de se produire en tant que danseur sur la scène de l’Opéra. Le Premier Danseur a fait ses adieux définitifs à la scène le 15 juillet, un bel artiste. Encore bravo à lui.

Une belle représentation pour clôturer cette saison 2013-2014 en beauté, dans la douceur et le romantisme des tutus blancs. La Sylphide est définitivement l’un des grands ballets classiques que l’on aime voir, par sa beauté, cette perfection des pas, de l’ensemble de la chorégraphie et de la mise en scène.

Rendez-vous prochainement pour un bilan de la saison !
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