La chaîne Arte diffusait hier soir, dimanche 28 avril, le Gala du Tricentenaire de l’Ecole Française de Danse. Cette soirée a été filmée le 15 avril dernier au Palais Garnier. Les petits rats de l’Opéra, entourés des membres du ballet célèbraient les 300 ans de l’institution. Au programme, deux créations avec D’Ores et déjà de Béatrice Massin et Nicolas Paul, Célébration de Pierre Lacotte ; deux reprises avec La nuit de Walpurgis de Claude Bessy d’après Léo Staats et Péchés de Jeunesse de Jean-Guillaume Bart.
D’Ores et Déjà
(c) Sébastien Mathé
La soirée s’ouvrait avec D’Ores et Déjà, chorégraphié par Béatrice Massin et le danseur de la compagnie Nicolas Paul, spécialement pour cette soirée. Nous sommes plongés dans le style baroque, dans l’ambiance de la cour de l’époque. Au départ, c’est intrigant et la pièce attise la curiosité avec ces jeunes garçons entrant chacun leur tour, puis sans cesse en mouvement. C’est intéressant et intelligent. Mais très vite, quelques longueurs persistent (ou peut-être est-ce l’effet télévision?). Le petit écran met beaucoup moins en valeur le cadre doré qui orne la scène de Garnier. La pièce lasse un peu vite, mais on ne peut s’empêcher de s’émerveiller devant ces garçons si jeunes et si talentueux, qui s’investissent tout au long de la pièce. Une découverte.
Après les garçons, quarante jeunes danseuse envahissent la scène pour La nuit de Walpurgis sur l’air de l’Opéra Faust. Cet extrait a été chorégraphié par Claude Bessy, pendant longtemps Directrice de l’Ecole de Danse de l’Opéra, d’après Léo Staats. Une fois encore, une belle démonstration de la part de ces jeunes danseuses, qui montrent combien elles maîtrisent la technique classique et le style académique. Petit bémol, ce fond noir qui enlève un peu de magie au tableau. Mais rien à faire, on ne peut que rester bouche bée devant ces danseuses qui s’épanouissent en scène. Vraiment beau!
Troisième ballet de cette soirée, la création Célébration de Pierre Lacotte, grand spécialiste de cette Ecole Française. Sans aucun doute, l’un de mes coups de coeur de cette soirée. Le rideau s’ouvre avec huit danseurs dos à la scène, le portrait de Louis XIV illuminé apparaît sur un fond doré. Costumes chatoyants, en écho à l’époque de la Cour Royale, des costumes rouges qui habillent ces danseuses et danseurs qui enchaînent les pas dans ce divertissement très français. Beau moment de cette création, le pas de deux avec Ludmila Pagliero et Mathieu Ganio. Ludmila Pagliero est brillante et intègre le style français dans sa danse, à ses côtés Mathieu Ganio sait la mettre en valeur. Beaucoup d’élégance et de finesse chez ces deux danseurs. La pose finale nous rappelle celle du Grand Pas de Paquita. Peu importe, c’était vraiment beau.
Arte terminait (malheureusement) la soirée avec Péchés de Jeunesse, un ballet de Jean-Guillaume Bart que l’on prend plaisir à regarder. Les couples se succèdent, on se plaît à les suivre tel un divertissement. 
Une soirée qui s’achevait sous les applaudissements et les nombreux rappels du public. Quels dommages cependant d’avoir coupé Aunis au montage. Cette dernière est disponible sur le site d’Arte, n’hésitez pas à la visionner : vous prendrez un plaisir fou à voir ces trois danseurs évoluer et découvrirez un tout autre style. Le plus grand regret sera certainement de ne pas avoir filmé le Défilé, ce moment mythique et émouvant où petits rats et membres du corps de ballet se retrouvent côtes à côtes sur la scène de Garnier pour quinze minutes de frissons garantis. Mais deux heures de ballet en prime time accompagnés de petits reportages, ça ne se critique pas et surtout, lorsque l’on est en compagnie des élèves de l’école de danse! On reste ébahi devant tant de talent, de travail et d’énergie déployée par tous ces élèves. C’était un beau gala, bravo à eux! 
Pour info, 761 000 spectateurs étaient devant leur télévision hier soir pour ce Gala du Tricentenaire, soit 2,9% de parts de marché! Des chiffres non négligeables pour de la danse en prime time danse (si rare sur le petit écran). 
Pour ceux qui l’ont raté, vous pouvez encore visionné le Gala sur le site d‘Arte pendant 7 jours. 


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