Avec un léger retard, retour sur la représentation de la soirée Roland Petit du samedi 23 mars dernier qui s’est déroulée en matinée. Trois ballets du chorégraphe étaient présentées cette année : Le Rendez-vous (1945), Le Loup (1953) et Carmen (1946). 
Le Rendez-vous (Jérémie Bélingard, Alice Renavand, Hugo Vigliotti)
Il y a deux ans, la saison 2010-2011 s’ouvrait avec une soirée Roland Petit où l’on découvrait déjà Le Rendez-vous, où Isabelle Ciaravola et Nicolas Le Riche m’ont laissé un souvenir impérissable… Manque de pot, ces Etoiles dansaient le soir même mais il m’était impossible de m’y rendre! Et puis, il faut savoir varier les plaisirs (et les distributions) ! Cette année, je découvrais ainsi Jérémie Bélingard dans le rôle du Jeune Homme. Un rôle qui sied plutôt bien au danseur : avec son côté nonchalant et sa démarche, il se prêtait bien au jeu et paraissait très à son aise! Alice Renavand incarnait quant à elle cette Plus belle fille du monde, fatale et cruelle. Séductrice, dès son entrée en scène, elle entraîne le Jeune Homme dans une danse effrennée jusqu’au drame final. L’ambiance du Rendez-vous, noire et feutrée, est une ambiance que j’aime beaucoup. Bravo à Hugo Vigliotti qui s’est surpassé dans le rôle du Bossu (et qui était déjà impressionnant en 2010). 
Laëtitia Pujol et Benjamin Pech
La soirée se poursuivait avec Le Loup. Ce ballet, malgré son intéressant argument ne m’avait pas autant marqué en 2010. Pourtant cette année,  le ballet ne m’a pas laissé les mêmes impressions. Après la noirceur du Rendez-Vous, place à une décor coloré. Benjamin Pech incarne Le Loup, son interprétation est encore plus puissante qu’en 2010 : il a ce côté animal, adapte sa gestuelle mais aussi les expressions de son visage, capte l’attention du public avec une facilité déconcertante, presque hypnotisante.  Laëtitia Pujol est une jeune fille timide, un peu niaise au départ, qui va tomber progressivement sous le charme de « la bête » et finir par l’aimer. Au fil de l’intrigue, son personnage prend de plus en plus de poids. Le pas de deux réunissant le loup et la jeune fille est tendre, émouvant et l’on a presque un pinçement au coeur lorsque l’on aperçoit les villageois, armés de leurs fourches, arrivés. Valentine Colasante est quant à elle une Bohémienne, sensuelle et lumineuse.
Ludmila Pagliero, Stéphane Bullion et Caroline Bance
Dans Carmen, on ne peut que regretter l’absence de Nicolas Le Riche en Don José. Cependant, Ludmila Pagliero (Carmen) et Stéphane Bullion (Don José) n’ont pas démérité pour autant et ont formé un beau couple en scène. Ludmila Pagliero est une Carmen, pleine de caractère, sensuelle qui sait ce qu’elle veut et sait mener les hommes à la baguette. Le Don José de Stéphane Bullion est plus effacé, plus secret, ce qui lui confère un côté mystérieux, intrigant. Il a du répondant face à Carmen. Mon moment préféré du ballet : le pas de deux de la chambre, à la fois doux et violent, intime et intense. Un bel instant.  Puis, les évènements se précipitent jusqu’à l’issue finale, et fatale. Bravo au trio formé par Caroline Bance, Allister Madin, décidément toujours au top, et par Maxime Thomas, qui donnaient encore plus de piquant à la pièce, ainsi qu’au délirant Escamillo de Guillaume Charlot. 
Une soirée, qui malgré ces deux reprises, était agréable de retrouver. Un bel hommage au chorégraphe et une fois de plus, d’agréables surprises et des découvertes et toujours des histoires d’amour, aux ambiances totalement différentes. Sans oublier sur cette série, la nomination d’étoile d’Eléonora Abbagnato, interprète fétiche de Roland Petit.
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