Le ballet de l’Opéra rendait hier soir hommage au danseur et chorégraphe Rudolf Noureev, disparu il y a vingt ans. Au programme, une succession d’extraits, entre variations célèbres, pas de deux et pas de trois issus de ses chorégraphies de Raymonda, en passant par Casse-Noisette, Don Quichotte, Le Lac des Cygnes, ou encore La Belle au bois dormant… Un programme certes, peu innovant, et une soirée qui s’est avérée brève (à peine 2heures de danse en scène) mais quand même, de bons moments.
Un gala n’est peut-être pas une soirée à proprement parler où l’émotion tient une place prépondérante, mais il y a sans conteste dans la compagnie des artistes qui ne peuvent passer à côté. Parmi ces moments émouvants, ceux qui me viennent en tête immédiatement sont ce pas de deux de Roméo et Juliette interprété par un formidable Nicolas Le Riche, fougueux à souhait! Qui n’est pas tombé(e) sous le charme hier soir du Roméo de Nicolas Le Riche : débordant d’énergie et s’envolant littéralement en éxecutant sa série de doubles assemblés? Ce dernier a transporté aussi bien le public que sa partenaire, Laetitia Pujol, à qui le rôle de Juliette va comme un gant. Mathias Heymann faisait son retour sur scène dans Manfred hier. Un beau retour pour le danseur, attendu certes mais vraiment émouvant avec un public visiblement ravi de le retrouver en scène et par la même occasion une belle découverte de la chorégraphie de Manfred (1979). Autre beau moment de la soirée, le pas de deux du deuxième acte du Lac des Cygnes avec une Emilie Cozette, doux cygne blanc, aux côtés de l’élégant Hervé Moreau, beau Prince Siegfried. L’applaudimètre était également en faveur d’Aurélie Dupont, une Princesse Aurore toujours aussi solide dans ses équilibres sur les belles notes de musique de l’Adage à la Rose. 
Parmi les autres extraits, on retrouvait Don Quichotte avec un Fandango haut en couleur mené par les dynamiques et envoûtants Eve Grinsztajn et Vincent Chaillet, suivis de Ludmila Pagliero et Karl Paquette, à leur aise en Kitri et Basilio. La délicate Myriam Oulb Braham et Christophe Duquenne nous entraînaient dans le pas de deux de Casse-Noisette, Marie-Agnès Gillot et Florian Magnenet dans le pas de deux du tabouret de Cendrillon. Isabelle Ciaravola incarnait une belle Raymonda tandis que le trio Dorothée Gilbert, Mathieu Ganio et Benjamin Pech s’exécutaient avec brio dans le pas de trois de l’acte III du Lac des Cygnes (qu’il aurait été judicieux de donner dans son intégralité).
Nicolas Le Riche et Laetitia Pujol
La soirée se clôturait par le tableau des ombres du IIIème acte de La Bayadère, troisième dans lequel on se souvient que Noureev est apparu pour la première fois au public français sur scène. Moment de poésie, en suspension, avec une Agnès Letestu, règnant en maître, fédérant le corps de ballet autour d’elle. Un beau final.

En résumé, une soirée en demi-teinte avec des moments particulièrement émouvants. Petit bémol cependant pour cet enchaînement assez rapide entre les différents extraits et un Palais Garnier un peu tristounet pour cette soirée de Gala. Resteront tout de même en mémoire ce pas de deux de Roméo et Juliette et ce retour émouvant de Mathias Heymann sur la scène parisienne.

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