Retour sur la représentation du 15 février de Kaguyahime, ballet de Jiri Kylian présenté à l’Opéra Garnier depuis le début du mois février avec dans les rôles principaux pour cette matinée Marie-Agnès Gillot (Kaguyahime) et Alexis Renaud (L’empereur Mikado). 
En ce milieu d’après-midi, les premières notes de la musique de Maki Ishii plongent dans l’atmopshère  à la fois intrigante et sereine de Kaguyahime.  Le chorégraphe Jiri Kylian a trouvé pour ce ballet sa source d’inspiration dans un conte japonais. La princesse de la lune, Kaguyahime, descendue sur Terre, est rayonnante de beauté. Tous les villageois tombent amoureux alors d’elle. Mais la venue de la Princesse sur Terre se répand jusqu’à la ville et les citadins arrivent pour venir voir de leurs propres yeux cet être de beauté. De nombreuses guerres s’ensuivent et c’est l’empereur Mikado, qui, à son tour, tombe sous le charme de la princesse. Il tentera de l’enlever mais la princesse parviendra à s’échapper et retournera sur la Lune.
Kaguyahime est un ballet touchant, mêlant orient et occident, tradition et modernité. Marie-Agnès Gillot, avec sa stature peu conforme, donne au personnage cet aura et cette présence presque inhumaine. Depuis son arrivée, sur cette plateforme amovible, où l’on peut sentir son personnage, à la recherche de stabilité, qui découvre les sensations de l’équilibre terrestre,  jusqu’à ce final, où elle décide de retourner sur la Lune. Marie-Agnès Gillot dansait le rôle de Kaguyahime il y a deux ans. Avec sa morphologie, Marie-Agnès Gillot donne tout de suite une autre dimension à cette princesse car  Kaguyahime n’est pas un personnage humain, mais une princesse lunaire. Alexis Renaud est un empereur, en retrait certes, mais toujours homme de pouvoir, qui tente de maîtriser Kaguyahime et de la garder pour lui seul. 
Kaguyhime alternent ces moments en suspens, lors de l’arrivée ou du départ de Kaguyahime, mais également ces passages plus vifs avec les scènes des villageois ou scènes de guerre. Les prétendants sont particulièrement impressionnants, que ce soient Alessio Carbone, ou encore Allister Madin ou Sébastien Bertaud, sans oublier Julien Meyzindi (déjà impressionnant en 2010) et Marc Moreau, tous dégagent quelque chose de fort. Les mouvement sont fluides et beaux, et on se surprend à suivre avec attention les lignes de ces corps qui se déplacent. Du côté des villageoises, Caroline Bance, Aurélia Bellet et Valentine Colasante débordent d’énergie. 
Scènes impressionnantes, les scènes de guerre sont dynamiques et techniques. Parmi les citadins se détachent François Alu ou encore Daniel Stokes et Alexandre Gasse. Là aussi, Léonore Baulac et Lydie Vareilhes rayonnent. L’un des moments phares et des plus poétiques de ce ballet reste le moment où le rideau doré tombe et que Kaguyahime se retrouve entraînée dans une succession de portés entre Mikado et ses compagnons.

Si Kaguyahime conte l’histoire de la Princesse de la lune descendue sur la Terre, c’est un ensemble qui compose le ballet et on ne peut saluer la prestation que de l’un ou l’autre des artistes, mais de l’ensemble danseurs et musiciens. Une pièce poètique, dont la force réside dans la musique traditonnelle japonnaise et la mise en scène.

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