Qui dit Angleterre, dit Royal Ballet et English National Ballet. Quand on se trouve temporairement à 30minutes de Londres pour un stage, il reste difficile de résister à la tentation d’aller voir un ballet. L’occasion était trop belle, l’attraction était trop forte et pas le temps de s’attarder : cette matinée « Ballo de la Regina/ La Sylphide » était aussitôt bookée! 
(c) Johan Persson
Comme le veut la tradition, en partant en stage à l’étranger, une passionnée de danse se doit de trouver un lieu de stage proche d’une compagnie, car bien évidemment quelques mois sans danse et sans voir de danse, c’est tout simplement impossible. En route donc pour cette matinée, à une semaine du Jubilé de la Reine, qui présentait Ballo de la Regina de Balanchine et La Sylphide dans la version de Johan Kobborg, d’après Bournonville.
Le Royal ballet est une compagnie que j’ai eu l’occasion de découvrir il y a trois ans. J’avais alors vu Jewels avec les immanquables Alina Cojocaru et Carlos Acosta. A ce moment, la principale Tamara Rojo était blessée et je l’avais manqué. Mais, telle ne fut pas ma surprise quand j’ai vu en réservant les billets qu’elle dansait hier après-midi et interprétait le rôle de La Sylphide. Soit dit-en passant, c’était un réel plaisir de redécouvrir la salle du Royal Opera House, salle fort bien insonorisée par ailleurs et de ne pas mourir de chaud dans l’amphithéâtre (comme c’est souvent le cas à Garnier), un amphithéâtre où l’on reste relativement bien installé avec des chaises confortables et très bien placé avec une bonne visibilité. L’espace pour les jambes reste limité, mais on ne peut pas tout avoir! Et puis, acheter un programme à 6£ (soit 8 euros et quelques) aux couleurs du Royal ballet avec de magnifiques photos sur papier glacé au lieu de 12€ (sans la réduction AROP ou abonné), c’est plutôt du luxe!
Marianela Nunez and Sergei Polunin
(c) ROH

Cette matinée s’ouvrait donc avec Ballo de la Regina. Cette pièce de Balanchine sur la musique de Verdi (de Don Carlo) ne dure que 18minutes mais entraîne rapidement et plutôt efficacement le spectateur dans une ambiance joyeuse et festive où s’enchaine de multiples variations. Un vrai cocktail de variations avec une technique toujours aussi pointue, des pas extrêmement rapides et complexes pour la principale, presque toujours sur pointes. Laura Morera et Frederico Bonelli se sont illustrés au cours de ces quelques minutes, au cours de pas de deux, variations, parfois à couper le souffle : tout simplement virtuose! Le danseur a gratifié le public de beaux double assemblé. Les ensembles sont beaux, les danseuses du corps de ballet ensemble, en rythme. Les quatre danseuses dont Mélissa Hamilton executent leurs variations avec perfection. Une belle « mise en jambe » pour cette matinée avant de tomber dans le romantisme de la Sylphide.
(c) Blog Une Saison à l’Opéra
En attendant la reprise l’an prochain dans la version de Pierre Lacotte à Paris, patientons avec la Sylphide de Johan Kobborg qui mettait en exergue la danse et le talent de Tamara Rojo. Certes, j’ai toujours eu une petite préférence pour Alina Cojocaru, mais la sensibilté de la Sylphide de Tamara Rojo , cet être fantastique, éthéré, sorti tout droit de l’imaginaire était touchante. Sa danse, ses arabesques, ses piétinés, tous lui donnaient l’impression de voler, de ne pas appartenir à notre monde. Ce contraste était notamment saisissant au cours du premier acte, d’une part par la blancheur et la pâleur de La Sylphide comparé aux costumes écossais, très colorés et flamboyants de James, Elfie et de leurs amis. Si La Sylphide a un côté un peu « Kitsh » avec ces costumes écossais, le kilt pour les hommes ou encore le décor de la petite chaumière, en Angleterre ce côté « kitsh »est bien assumé et le premier acte prête facilement à sourire, notamment à l’entrée de tous les villageois dans la maison de James. A l’origine, Rupert Pennefather devait danser le rôle de James, mais ce dernier, blessé, a été remplacé par Dawid Trzensimiech. Ce danseur, « first solist » dans la compagnie, n’a pas démérité hier après-midi avec une très belle prestation, exécutant avec plaisir et avec virtuosité ses variations. Il était fortement applaudi par le public à la fin de chacune de ses variations. Le rôle d’Effie était campé par la charmante Romany Pajdak, cette pauvre jeune fille qui se voit délaissé par son fiancé la veille de son mariage. Dans cette version, le rôle d’Effie se résume plus à un rôle de caractère et contrairement à notre Effie « parisienne » elle ne danse pas sur pointes. Mention spéciale à Gary Avis qui interprétait le rôle de la sorcière, encore une fois un rôle de caractère, le danseur était excellent dans sa pantomime. Au deuxième acte, c’était un régal pour les yeux de voir ces danseuses en tutu romantique, formant un bel ensemble. Un deuxième acte qui passe malgré tout très vite, et une mort de la Sylphide assez rapide et une Tamara Rojo sublime. Une version de la Sylphide qui s’avère donc délicieuse avec de l’humour, de la poésie, une belle chorégraphie. Mon ballet romantique favori reste Giselle mais La Sylphide reste aussi un beau ballet. À découvrir avec plaisir si vous avez l’occasion de partir en weekend outre-manche. 
D’autres articles sur le Royal Ballet à venir peut-être avec le Prince de Pagodes de McMillan (le chorégraphe de l’histoire de Manon).
Quelques photos souvenirs de Londres avec la vitrine de FREED et ces magnifiques pointes aux couleurs locales ou encore la boutique Repetto d’un grand magasin (qui ressemble étrangement à notre PRINTEMPS).
Pointes FREED
Un petit tour chez REPETTO
Bien entendu, on oublie pas que mercredi dernier, au cours de la cérémonie de remise des prix des Benois de la danse, Mathias Heymann a reçu le prix du meilleur danseur pour son rôle dans Zael, La Source. Bravo à lui, on lui souhaite un prompt rétablissement en attendant de le retrouver l’an prochain.
(c) Blog Rêves Impromptus
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