Enfin un moment pour aller faire un tour du côté de la Soirée Robbins/Ek, et voir l’une des dernières représentations de la série. Deux pièces, Dances at a gathering et Appartement, du Robbins, du Mats Ek, deux styles radicalement différents mais une représentation très intéressante. Retour sur cette matinée du 31 mars. 
(c) Une Saison à l’Opéra
L’ambiance de Dances at a gathering convient bien à cette matinée et au beau temps de ces derniers jours. Une matinée très printanière, avec ses costumes clairs, au son de Chopin. La scène est vide, ce sont les danseurs qui l’habitent et font vivre leurs différents personnages. Dix danseurs en scène, cinq couples qui se font et se défont. La personnalité et la présence des danseurs est primordiale dans ce ballet : chacun, selon sa couleur, incarne un personnage, une personnalité différente et apporte son « petit plus » au ballet. Les danseurs arrivent en duo, en trio, et dansent ensemble ou en solo et cela dans différentes ambiances. Le ballet se découpe en une succession de mazurka, d’adage, d’allegro, de pas de trois, pas de deux… jusqu’à des ensembles de six danseurs en scène. 
Josua Hoffalt ouvre le ballet avec sa mazurka, plutôt réussies, mettant en avant sa technique. Nolwenn Daniel (en jaune) et Mathieu Ganio (en vert) lui succèdent. Mathieu Ganio est d’une rare élégance et ses apparitions mettent en avant la qualité de sa danse, si pure. Le pas de deux entre Clairemarie Osta et Nicolas LeRiche est un délice : Clairemarie Osta est d’une telle délicatesse, quant à Nicolas LeRiche sa présence en scène est incroyable, ou plutôt sa prestance, eclipsant dans les ensembles les autres danseurs masculins, mais mettant en avant ses partenaires. Le pas de deux réunissant ces deux danseurs est très émouvant, touchant. Leur complicité se lie dans leurs regards. Mélanie Hurel et Nicolas Paul, en bleu, sont bien assortis. Le style de Robbins va plutôt bien au danseur. Aurélia Bellet a beaucoup de prestance en danseuse mauve. Quant à Eve Grinsztajn (en vert), elle est piquante, Emmanuel Thibault montre une belle danse et son aisance dans le style Robbins. Au final, une distribution plutôt homogène, recréant cette ambiance, ce rassemblement de danseurs.
Marie-Agnès Gillot
(c) Sébastien Mathé.
Changement de décor, changement d’ambiance, et découverte d’Appartement. Après le style Robbins, c’est le style Ek qui s’empare de la scène. Une belle découverte, et une sacré mise en scène!  Des scènes de tous les jours, des scènes de la vie conjugale, une profonde reflexion, des moments forts, un accompagnement musical de génie (mention spéciale à Fleshquartet!)… L’investissement des danseurs dans cette pièce est totale, intense. Les solos scotchent, intriguent et invitent le spectateur à se questionner. Certaines scènes prêtent à sourire, mais au fond elle sont l’aboutissement d’une grande reflexion. Les ensembles dynamiques, plein d’énergie. Marie-Agnès Gillot est extraordinaire dans la scène du bidet. La scène de la télévision, bien menée par Vincent Chaillet (même si j’aurais bien aimé voir aussi José Martinez) prête à sourire. La scène de la cuisine avec Muriel Zusperreugy et Alessio Carbone accroche, quant à Ludmila Pagliero et Stéphane Bullion, ils forment un beau couple en scène et livrent un beau duo dans le pas de deux de la porte. Mention spéciale à la marche des aspirateurs, une marche pleine de verve avec des danseuses dynamiques et investies dans leur rebellion face aux tâches ménagères. C’est à la fois sérieux et risible, et ça plaît. Un triomphe pour la pièce, avec des danseurs vivement applaudis. 
 Petite pensée : Laure Muret, sujet du corps de ballet, faisait ses adieux à la scène hier soir  à l’issue de la dernière représentation de la série Robbins/EK. Belle photo à découvrir sur le blog Rêves Impromptus
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