Dès mercredi prochain, le ballet sera à l’affiche de l’Opéra Bastille deux ans après son grand retour au Palais Garnier. A quelques jours de la première, le ballet La Bayadère a fait déjà beaucoup parlé de lui, notamment avec distributions surprenantes (mais surtout inédites!) qui ont déchaînées les passions sur les forums de discussion. Le ballet reprend la bastille pour une série de 15 représentations.

Il y a deux ans,  un certain nombre de spectateurs étaient restés sur le carreau, faute de places. Cette année, reprise à Bastille, et qui dit Bastille, dit plus de places (et une scène plus vaste!). La Bayadère est bien parti pour faire un nouveau carton cette année : places prises d’assaut, une représentation filmée et diffusée en direct dans les cinémas, un nombre incalculable d’affiches dans le métro (mais aussi dans les gares de province).

(c) Une Saison à l’Opéra
Mais, pourquoi ce suscite-il un tel engouement ?
Grand ballet classique, dernier ballet monté par Noureev à l’Opéra de Paris en 1992, un décor oriental enchanteur, des costumes somptueux… Beaucoup d’arguments se pressent pour justifier cet engouement que suscite le ballet. Il faut dire que La Bayadère est l’un des grands ballets classiques par excellence, certes l’argument n’est pas l’un des plus évolués : la danseuse du temple Nikiya et le guerrier Solor sont amoureux, mais le guerrier est promis à la fille du Radjah, la belle Gamzatti. Le triangle amoureux conduira à la mort de Nikiya (après la sublime variation du serpent) avant de pénétrer dans le royaume des ombres, avec le moment clé du ballet et sans aucun doute le plus émouvant : la descente des ombres. Chaque ballet a son instant « magique » : dans Le lac des cygnes, il y a l’acte blanc, le deuxième acte particulièrement, un instant qui vous transporte dans un autre monde. Dans La Bayadère, c’est sans aucun doute la descente des ombres qui fait planer le spectateur.  La Bayadère reste malgré tout un des grands ballets classiques en trois actes, les décors du temple indien font rêver, l’acte blanc du ballet est superbe. Le tout agrémenté de distributions inédites, et le tour est joué : les places partent comme des petits pains.
Des distributions inédites…

(c) operadeparis.fr

Il y a deux ans, la plupart des distributions étaient « étoilées » et l’unique prise de rôle en Nikiya était celle de Dorothée Gilbert aux côtés de Mathias Heymann, son Solor. Deux ans après, on aurait pu retrouver le même type de distributions, mais l’alternance avec la soirée Robbins/EK en a décidé autrement. Pour 2012, trois prises de rôles en Nikiya sont prévues, sans oublier l’invitée Svetlana Zakharova (Bolchoï) qui dansera les 2 et 4 avril aux côtés de Stéphane Bullion. 
La distribution de la première (et des 17, 20 et 22 mars) sera composée du trio Aurélie Dupont (Nikiya)/Stéphane Bullion (Solor) /Dorothée Gilbert (Gamzatti).  L’intérêt de cette distribution résidera dans le Solor de Josua Hoffalt, le danseur est fort bien entouré pour l’occasion avec une Aurélie Dupont qui n’est plus à sa première apparition dans Nikiya, de même pour Dorothée Gilbert, jusqu’à présent excellente en Gamzatti. 
Deuxième distribution : Emilie Cozette/Karl Paquette/Laura Hecquet (les 10, 19, 24(19h30) et 27 mars). Emilie Cozette avait jusqu’à présent revêtu le tutu de Gamzatti, mais pourquoi pas Nikiya? Lors de la rencontre du 11 février dernier, elle avait montré des facettes intéressantes du personnage, on en était alors qu’au début des répétitions et sous les conseils de Laurent Hilaire, de bonnes propositions ressortaient. Quant à Karl Paquette, sa réputation de « bon partenaire » devrait à nouveau être confirmée et les pas de deux bien gérés. A voir ce que cela donnera niveau interprétation et émotions. Laura Hecquet fera sa prise de rôle en Gamzatti, la danseuse possède une très bonne technique et son interprétation du personnage devrait être intéressante. 
Une Nikiya fort attendue sera celle de Myriam Ould Braham (qui dansera les 28 mars, 11 et 15 avril) aux côtés de Florian Magnenet. Myriam Ould Braham avec sa sensibilité et sa fragilité semblerait presque prédestinée au rôle. L’année dernière, elle avait montré une très belle Juliette et cette année c’est le meilleur qu’on lui souhaite pour cette série de Bayadère. Florian Magnenet s’est étoffé et s’est montré à la hauteur d’autres grands rôles du répertoire (comme Roméo l’an passé), le duo devrait former un couple charmant en scène. Mathilde Froustey sera leur Gamzatti, c’est à nouveau une prise de rôle pour la danseuse, qui devrait elle aussi assurer dans ce rôle, d’une part par la maîtrise technique, mais aussi côté interprétation.
Héloïse Bourdon
(c) Une Saison à l’Opéra
La distribution du 24 mars en matinée attirera les curieux avec la prise de rôle d’Héloïse Bourdon, qui n’est encore que sujet, en Nikiya aux côtés de l’Etoile Stéphane Bullion. Leur Gamzatti ne sera autre que Sarah Kora Dayanova, attendue dans le rôle. A nouveau une représentation qui va s’avérer plus qu’intéressante. 
Enfin, pour honorer la venue de Svetlana Zakharova, non seulement il y aura Stéphane Bullion en scène (nommé en 2010 dans le rôle de Solor), mais aussi l’Etoile Marie-Agnès Gillot en Gamzatti : une très belle soirée en perspective. 
La Bayadère est un grand ballet classique et qui dit grand classique, dit de nombreux seconds rôles (et plus petits rôles) s’articulant autour des principaux personnages et assurant les quelques divertissements dans le ballet, et notamment au cours du deuxième acte : le mariage de Gamzatti et du Radjah.
Le rôle de l’idole dorée, l’une des grandes variations de l’acte II, sera dansé en alternance par Emmanuel Thibaut, une valeur sûre  ; Florimond Lorieux, qui avait déjà abordé le rôle lors de la matinée donnée en 2010, déjà prometteur, mais aussi par Mallory Gaudion, Allister Madin et le jeune mais déjà très prometteur François Alu (une idole dorée à ne certainement pas rater!). Dans les divertissements du second rôle la variation de Manou met en avant le travail des pointes des danseuses, s’y suivront : Mathilde Froustey, Charline Giezendanner, mais aussi Marine Ganio et Eléonore Guérineau. Les dynamiques et flamboyants indiens réveilleront le public de Bastille avec entre autre Sabrina Mallem et Julien Meyzindi, ou encore Caroline Bance et Fabien Revillon, Sara Kora Dayanova et Cyril Mitilian… Sans oublier les fakirs, Radjah et compagnie. Dans les variations des ombres, peu de changements par rapport à 2010, avec quelques nouveautés comme Laura Hecquet (blessée il y a deux ans) ou Valentine Colasante. 
Pour le détail des distributions par date, cliquez ici
Un petit tour au cinéma?


Vous n’habitez pas à Paris? Toujours pas ou plus de places? Pourquoi ne pas tenter le ballet au cinéma? Certes, il n’y a pas l’ambiance de la salle de spectacle. Mais, un point positif : pas de risque d’oublier sa paire de jumelles. pour celles et ceux qui seraient tentés rendez-vous dans les cinémas le jeudi 22 mars.
Envie de revoir un autre classique de Noureev? Raymonda, le ballet de Noureev était diffusé sur France3 hier soir. Il est disponible sur le site pluzz pendant une semaine. Avant de retrouver les prouesses de Dorothée Gilbert en Gamzatti redécouvrez sa pétillante Henriette !
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