Comment finir l’année 2011 en beauté? En retournant voir une dernière fois le ballet Onéguine au Palais Garnier avec une distribution plutôt intéressante, regroupant de beaux interprètes! Dans les rôles titres pour cette représentation : Isabelle Ciaravola (Tatiana), Mathieu Ganio (Onéguine), Muriel Zusperreguy (Olga) et Florian Magnenet (Lenski). Le tout donne au final une excellente soirée!

Isabelle Ciaravola et Mathieu Ganio

Nommée Etoile dans le rôle en avril 2009, Isabelle Ciaravola avait été la première danseuse de l’Opéra à danser le rôle et elle pourrait être consacrée « la plus belle Tatiana » de l’Opéra. Son interprétation du personnage est renversante (et bouleversante). Elle est touchante lorsqu’elle incarne cette jeune fille songeuse, calme et timide au premier acte, meurtrie au second lorsque Onéguine la repousse. Elle assistera ensuite au duel entre Lenski et Onéguine et sera bouleversante au dernier acte, notamment dans le dernier pas de deux où elle refusera de s’abandonner dans les bras d’Onéguine. Grande tragédienne, Isabelle Ciaravola est une fantastique actrice, la danseuse livre une interprétation sans faille et nous entraîne dans son histoire. Elle est somptueuse dans son costume et son jeu et sa danse livrent une forte émotion au public. Face à elle, Mathieu Ganio incarnait Onéguine.
Il est grand brun aux yeux bleus, il a le visage angélique mais malgré tout, dès son entrée en scène, il sait imposer la noirceur du personnage d’Onéguine : cet être élégant, mais quelque peu hautain. Avec une forte prestance et une belle présence, Mathieu Ganio surprend par son jeu d’acteur et par la maîtrise de son personnage, il livre une interprétation solide et intéressante, il entraîne lui aussi le public dans le drame du ballet. Le danseur prend possession de la scène et se met complètement dans la peau de son personnage : il est intransigeant avec la jeune Tatiana, Il entraînera Olga dans la danse au cours d’un bal, jusqu’à mettre en rogne Lenski et le provoquer en duel! Perdu, c’est complètement bouleversé et déchirant qu’il tentera de conquérir Tatiana au dernier acte. Mathieu Ganio est également magnifique dans le rôle, sa danse est posée, fine et structurée.
Le couple formé par les deux danseurs en scène est plus qu’émouvant. Le pas de deux de la chambre est très fort, la chorégraphie est plus que maîtrisée et beaucoup d’émotion est transmise au public. Mais, c’est surtout le dernier pas de deux qui fait tressaillir le spectateur tellement l’émotion est intense. Le couple formé par les deux danseurs en scène est magnifique et plonge le spectateur dans cette histoire tournmentée que vivent Tatiana et Onéguine.
Muriel Zusperreguy et Florian Magnenet
Cependant, le ballet Onéguine ne met pas qu’en scène Tatiana et Onéguine, mais aussi les personnages d’Olga, la soeur de Tatiana et son compagnon, Lenski. 
Muriel Zusperregy est une Olga vive, à la fois mutine et amusante. Son jeu n’est pas minaudé, et son personnage est bien équilibré tout au long du ballet. La danseuse montre une évolution dans l’interprétation de son personnage depuis 2009 et livre une belle danse. A ses côtés, Florian Magnenet incarnait Lenski. Florian Magnenet est certainement le « héros » de cette fin d’année 2011: à la fois sur les séries de Cendrillon et d’Onéguine, suite à de nombreuses blessures, le danseur aura assuré un bon nombre de représentation en ce mois de décembre! Tout comme Muriel Zusperreguy, le Lenski de Florian Magnenet a évolué depuis 2009. Le danseur a également mûri son personnage : plus émouvant dans la variation au second acte avant le duel, et plus équilibré tout au long du ballet. Son personnage a pris de l’ampleur et du caractère.
Christophe Duquenne incarnait quant à lui le Prince Grémine : le pas de deux avec Tatiana au cours du dernier acte était magnifique.
Le corps de ballet aura ce soir là à nouveau assuré une belle représentation, avec des garçons dynamiques au premier acte, des jeunes filles formant de beaux ensembles. L’ouverture du rideau sur le tableau du bal au dernier acte a de nouveau suscité les applaudissements du public.
Chrisptophe Duquenne
Une soirée émouvante qui s’est terminée en ovation pour les danseurs Isabelle Ciaravola et Mathieu Ganio. Une distribution homogène, équilibrée, riche en émotions,et qui a su plonger des spectateurs non initiés dans ce drame russe : certainement la plus belle distribution de cette série d’Onéguine.
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