À l’occasion des fêtes de fin d’année, c’est le cinéma et le ballet Cendrillon (version Noureev) qui tiennent l’affiche à Bastille depuis la fin du mois de Novembre. Retour sur la représentation de lundi dernier qui réunissait Emilie Cozette et Karl Paquette dans les rôles principaux, une distribution un peu terne côté solistes mais intéressantes du côté des seconds rôles.
Karl Paquette et Emilie Cozette

Cendrillon n’est certes pas le ballet que j’attendais avec impatience. C’est un ballet avec une transposition dans les années 30 intéressante et plutôt réussie, mais cependant un ballet où quelques détails pêchent. Le hasard des distributions malgré tout l’art de l’abonnement ne porte pas toujours ses fruits systématiquement, et il faut bien avouer que sur le papier certaines distributions sont moins emballantes que d’autres, mais parfois certains soirs nous assistons à des surprises, ou non. 

Emilie Cozette incarnait Cendrillon lundi soir. Nommée étoile dans ce rôle en 2007, la danseuse reste une Cendrillon bien techniquement, mais qui laisse le spectateur sur sa fin côté émotions. Emilie Cozette livre une Cendrillon fade, sans couleur où l’émotion ne prend pas forcément malgré un beau costume de starlette, même quand elle retrouve le prince il manque ce « petit quelque chose », qui rendrait la variation des claquettes et ses apparitions en scène encore plus éclatantes pour transporter et faire voyager le spectateur. Karl Paquette est quant à lui un acteur vedette très appliqué et impliqué dans son rôle, propre techniquement, et qui reste solide face à sa partenaire. Il a montré beaucoup de dynamisme notamment dans la quête de Cendrillon. Le couple principal n’a peut-être pas entièrement transporter la salle, même si les pas de deux étaient tous plus ou moins réussis. Il manquait cet éclat qui véhicule l’émotion au public.

Mélanie Hurel et Laure Muret
Dans les seconds rôles, Mélanie Hurel et Laure Muret tenaient le rôle des deux méchantes soeurs de Cendrillon : drôles à souhait, les deux danseuses se sont déchaînées et étaient excellentes dans le registre comique. Complices, elles ont su faire rire la salle que ce soit pendant le cours de danse, où les deux méchantes soeurs tentent d’apprendre désespérement les quelques positions de base, ou encore lorsqu’elles rencontrent le prince et qu’elles manquent de l’amocher. Alexis Renaud est une mère protectrice envers les deux soeurs, infecte avec Cendrillon. Alexis Renaud joue bien son jeu, sans trop d’extravagance. Alessio Carbone reste quant à lui, un beau professeur de danse stylisé, effaré devant l’incapacité des deux soeurs à danser, et émerveillé par les prouesses de la Cendrillon vêtue de sa robe à paillettes. Félicitations à Yann Saïz, qui incarne un producteur « marraine » ferme, avec une grande confiance en lui, avec du style, un peu de comique.

Du côté du corps de ballet, le tableau du défilé de mode mettait en avant les qualités d’Aubane Philbert qui apportait de la fraîcheur et de la grâce à la variation du printemps. Laurence Laffon avait également beaucoup de classe dans la variation de l’été, avec l’apparition de Sara Kora Dayanova. Amandine Albisson ponctuait ce défilé dans son beau costume de l’hiver avec panache. Les danseurs et danseuses du bal formaient de beaux ensembles, tandis que les garçons à la quête de Cendrillon ont montré un certain dynamisme. Petite surprise, l’apparition de François Alu au début du second acte sur les plateaux de tournage : de la présence, de la technique, des sauts, de la malice… en quelques minutes la danseur a retenu l’attention de salle lorsqu’il jouait le rôle du prisonnier. Un jeune danseur vraiment à suivre ! 
Une valse un peu étourdissante, des beaux ensembles, des moments plus sombres, plus creux,  des changements de décor entraînant le spectateur dans un tourbillon de décor de cinéma. Cendrillon est un ballet à voir. La transposition de l’histoire dans les années 30 est réussie, les clins d’oeil au cinéma nombreux, le mécanisme de l’horloge, symbole du temps qui passe et qui signifie que Cendrillon n’a que très peu de temps pour se projeter tout en haut de l’affiche, est particulièrement bien mis en scène. Quelques passages manquent cependant de dynamisme, d’autres sont bien menés. La dernière scène, où Cendrillon, après avoir signé son contrat, termine en porté dans les bras de son prince est un très beau tableau. Le ballet se conclue sur une bonne note : Cendrillon a signé un contrat et termine dans les bras de l’acteur vedette.

D’autres distributions sont encore à découvrir, avec dès jeudi l’entrée en piste d’Aurélie Dupont et Josua Hoffalt…

A lire sur le même sujet