Trois semaines après la première, retour (avec quelques jours de retard) aux pays des Elfes, de Naïla, l’esprit de la Source et de son elfe Zaël pour une dernière représentation de la Source. Une belle soirée, très émouvante, clôturant en beauté la série de représentation du ballet de Jean-Guillaume Bart avec dans les rôles principaux, Myriam Ould Braham (Naïla, l’esprit de la source), Josua Hoffalt (Djemil, le chasseur) et Muriel Zusperreguy (Nouredda, promise du Khân) et bien d’autres…

L’ambiance onirique, les décors, la musique et les costumes, c’est un plaisir de s’y replonger quelques semaines après avoir vu la première soirée et la première distribution. Cette Source a un côté apaisant, même si l’elfe Zaël, par son côté fourbe et ses variations animées, ne laisse que peu de répit au spectateur pour se plonger dans une totale sérénité. C’est un plaisir de revoir ce ballet, qui a évolué depuis la première représentation!

Pour cette dernière représentation, c’est la deuxième distribution qui est en scène. Une distribution qui, par la qualité de danse des danseurs, mais aussi par leur interprétation semble bien équilibrée, avec une émotion plus que palpable, grâce à une complicité entre les danseurs indéniable, et cela, malgré la fatigue accumulée au cours des 18 représentations de la série.

Muriel Zusperreguy, Josua Hoffalt et Myriam Ould Braham

Myriam Ould Braham, était l’une des danseuses attendues dans le rôle de Naïla, un rôle convenant bien à son physique et à sa personnalité, un rôle dans lequel elle avait déjà laissé entrevoir de beaux aspects lors de la rencontre du 8 octobre dernier. Myriam Ould Braham est une Naïla douce et fragile, caractérisant bien le côté femme-enfant que Jean-Guillaume Bart voulait donner au personnage. Elle a un côté immatériel, qui la rend encore plus frêle et presque inaccessible, comme si elle appartenait à une autre dimension. Très protectrice envers sa rose talisman, mais avec un regard amoureux et protecteur lorsqu’elle tombe sous le charme de Djémil. Enfant lorsqu’elle s’amuse avec Zaël, mais tout de même assez adulte pour aller jusqu’au sacrifice de sa personne. Josua Hoffalt incarne le chasseur Djémil. C’est un rôle qui lui va bien et dans lequel il semble très à l’aise. Il fait vivre son personnage qui tombe sous le charme de la belle Nouredda, l’intensite de son regard n’est d’ailleurs pas la peine quand il se retrouve face à Nouredda que quand il fait face à Naïla. Par ailleurs, ses variations sont bien exécutées (malgré un « petit accroc ») et la bonne entente avec ses partenaires sur scène se sent: il semble communiquer avec l’esprit de la Source, ce qui rend les scènes et pas de deux entre les deux personnages de Djemil et de Naïla encore plus attendrissantes. Au contraire, le dernier pas de deux avec Nouredda est plus de l’ordre du sentiment amoureux. Muriel Zusperreguy incarnait Nouredda, la promise du Khan, lointaine et triste au premier acte, son regard est fixé au loin, elle est balladée dans sa caravane pour aller faire la cour au Khan et le tout sous l’emprise de son frère Mozdock. Elle est capricieuse lorsqu’elle veut sa fleur, l’élément perturbateur qui déclenchera toutes les péripéties. Elle est plus gamine au premier acte et au contraire, elle devient une femme resplendissante et séductrice au deuxième acte, mais humiliée lorsque le Khan lui préfère la jeune Naïla.
Christophe Duquenne est quant à lui un Mozdock téméraire, solide, avec du panache et du caractère, il sait mener ses hommes et ces derniers le lui rendent bien. Alessio Carbone interprète l’Elfe de Naïla, la danseur n’est pas certes aussi bondissant et virtuose que l’elfe Mathias Heymann, mais il est espiègle à souhait, vif et entraînant. Il a ce côté facétieux, s’amuse en scène et fait sourire le public. Dans le rôle de la favorite du Khan, la danseuse Charline Giezendanner sait se montrer, un rôle dans lequel la danseuse reflète bien le « sale » caractère de la favorite du Khan, prête à tout pour garder sa place de favorite, adulée mais enviée par les odalisques. La jeune danseuse a d’ailleurs esquissé une très belle variation, réussie avec panache.

Il est indéniable de voir l’évolution du corps de ballet depuis la première, un corps de ballet uniforme, les scènes des nymphes sont beaucoup moins longues, les nymphes plus en harmonie. Les danses des caucasiens restent toujours aussi impressionnantes. 
Une représentation d’où s’émanait beaucoup d’émotion une évolution du ballet, des danseurs à l’aise dans leurs rôles. Une excellente représentation, une belle création.
Les représentations de La Source se sont donc arrêtées samedi dernier, mais pas de panique la Source sera bientôt de retour lors des prochaines saisons aux dire de Brigitte Lefèvre au cours de la rencontre de l’après-midi.
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