Première rencontre de la saison, première répétition ouverte au public, premier rendez-vous à l’amphithéâtre Bastille. Au programme, un avant-goût du ballet La Source de Jean-Guillaume Bart, avec le chorégraphe et danseur Etoile Jean-Guillaume Bart, entouré des deux premiers danseurs: Myriam Ould Braham et Florian Magnenet, accompagnés par la chef de chant Elena Bonnay.
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(source: Dansomanie)
C’est Brigitte Lefèvre qui ouvre, comme à son habitude, la séance de travail avec les dernières nouvelles du ballet. Ces nouvelles sont brèves, il est surtout question de faire la promotion de la soirée rendant hommage à Roland Petit, pour mémoire une soirée au cours de laquelle deux ballets du chorégraphe seront diffusés (Le Rendez-vous/ Proust ou les intermittences du coeur). Pour introduire La Source, Brigitte Lefèvre place cette saison sous le signe du merveilleux avec Psyché, qui a ouvert la saison et enthousiasmé (ou non), selon les goûts, le public parisien. La Source, c’est un projet qui tenait à coeur à Jean-Guillaume Bart depuis un long moment, et la directrice de la danse nous confie qu’il a commencé à lui soumettre son idée en 1997. C’est finalement en 2011 que le ballet à l’origine crée par Arthur Saint-Léon en 1866, réapparaît sur la scène de l’Opéra de Paris. Jean-Guillaume Bart ne qualifie pas son projet de « reconstruction », mais plutôt de « renaissance ». (Danser, n°313) Avant de l’appeler en scène, Brigitte Lefèvre a une attention toute particulière pour le danseur Étoile aux multiples qualités, rappelant son talent et que c’est une mauvaise blessure qui l’a contrainte a abandonné la scène plus tôt.
Après avoir appelé ces deux danseurs en scène, Jean-Guillaume Bart fait un point sur l’extrait qu’il va présenter et faire répéter. La Source, c’est tout d’abord l’histoire de Naïla, qui incarne un être féérique « la Source » qui va apparaître au creux d’un arbre et sauver le chasseur Djémil, sérieusement blessé, grâce à sa fleur talisman. Djemil s’étant blessé alors qu’il tentait d’appercevoir le visage de Nouredda, une jeune femme dont il s’est épris. C’est ce passage, lorsque Naila sort de son arbre et se retrouve face au jeune chasseur blessé que le chorégraphe a souhaité travailler. Myriam Ould Braham incarne la jeune Naila, frêle et douce, surnaturelle, qui est au premier abord, effrayée par Djemil couvert de sang. Elle récupère alors sa fleur qui lui confère le pouvoir de guérir le blessé et de le sauver. La répétition commence, le public découvre alors les premiers pas de la chorégraphie ainsi que la partition. À première vue, l’ambiance semble douce et poétique. Naila est un être issue tout droit du merveilleux, et la silhouette de Myriam Ould Braham se prête bien au personnage. Elle est douce, gracieuse, effarouchée. Jean-Guillaume Bart n’hésite pas à l’interrompre pour faire ses corrections: erreurs de placement, travail sur la musicalité, prendre le temps sur certains pas, bien tenir son arabesque… La danseuse est mise en avant, et les progrès au fil des corrections sont visibles. À ses côtés, Florian Magnenet, qui pour cette répétition s’est mis dans la peau de Djémil, paraît plus en retrait, plus effacé. Il y a encore du travail. 
Elena Bonnay, J-G Bart, Myriam Ould Braham
Florian Magnenet
Jean-Guillaume Bart s’implique dans son rôle de chorégraphe/répétiteur: il explique avec douceur, mais montre beaucoup d’exigence et ne mâche pas ses mots lorsqu’il a des corrections à faire. La présence du public n’a pas eu l’air de l’importuner: il faisait ses corrections, accompagnait les danseurs dans leur travail en leur montrant les pas, puis leur « soufflait » lorsqu’ils avaient des doutes, donnait des conseils et directives sur l’interprétation en expliquant la signification d’un moindre mouvement (les mouvements avec lesquels Naila protège sa rose talisman et l’éloigne de Djemil pendant la promenade en arabesque). Le public se régalait lorsqu’il montrait les mouvements: des dégagés absolument et des « en dehors » parfaits, de belles attitudes…si beau à regarder et toujours avec cette impression que ces mouvements sont effectués avec une extrême simplicité et qu’ils paraissent naturels: cette simplicité du geste qui caractérise les grands danseurs.  On aurait envie de le voir danser dans le ballet! Jean-Guillaume Bart mène son ballet et ne laisse rien au hasard: tout est travaillé dans les moindres détails, tout mouvement est justifié. Si une hanche est mal placée, qu’un axe dévie, qu’une fesse sort, qu’un grand jeté est mauvais.. la correction arrive, rien ne passe! Les deux danseurs s’y reprennent à plusieurs fois, montrant la complexité des pas devant l’exigence du chorégraphe. 
En deuxième partie, les deux danseurs répètent un pas de deux où Naila se laisse approcher par Djemil et tombe sous son charme, alors qu’elle n’apparaît au jeune chasseur que comme une enfant. Naila tombe amoureuse de Djemil, mais celui-ci s’est déjà épris de Nouredda. Là encore, c’est la musicalité qui fait défaut ainsi que quelques erreurs de placement. Ce pas de deux comporte néanmoins de beaux moments, avec un magnifique porté planche que les danseurs font selon Jean-Guillaume Bart durer un peu trop longtemps (mais c’est beau!) avant de se caler sur la musique. 
Sans les décors et sans la belle scène de Garnier, mais avec le piano ce pas de deux enthousiasme et donne envie d’aller voir le ballet. Myriam Ould Braham promet une belle Naila, quant à Florian Magnenet, difficile de porter un jugement sur son Djemil pour l’instant. Les danseurs et le chorégraphe sont chaleureusement applaudis. À la sortie, le public semble conquis devant le merveilleux et la poésie du ballet. Et que dire quand il y aura les costumes de Christian Lacroix??! Certains s’empressent même d’aller à la billetterie! (et oui, les distributions sont sorties vendredi!) 
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