Les Enfants du paradis sont à l’affiche depuis le 30 juin dernier, la première du 29 juin ayant été annulée pour cause de grève. Samedi soir, c’était la distribution de la création réunissant le très beau duo composé d’Isabelle Ciaravola et de Mathieu Ganio qui partageait la scène, à la fois dans la salle mais aussi en direct dans tous les cinémas…
Isabelle Ciaravola (Garance) et Mathieu Ganio (Baptiste)
(c) Blog Une saison à l’Opéra
Trois ans après la création, retour au Palais Garnier pour retrouver les Enfants du Paradis de José Martinez, des enfants qui ont un peu changé avec quelques évolutions dans la chorégraphie. Un ballet, qui à sa création, avait réservé de nombreuses surprises au public, José Martinez ayant exploité les moindres recoins du Palais Garnier afin que le public profite au maximum du spectacle: entre les musiciens accueillant les spectateurs à leur arrivée dans le grand escalier,  le public peut aussi guetter les apparitions du comte et de Garance dans la loge de l’impératrice (1ère loge numéro 2 pour rappel), mais aussi l’intervention de Madame Hermine dans la loge de l’empereur. L’entracte est l’occasion pour le public de se faire guider par de jeunes hommes en noir jusqu’au grand escalier où une représentation d’Othello les attends. Puis, de retour dans les loges, le public se retrouve en pleine répétition de Robert Macaire, l’oeuvre dans laquelle brillera Frederik Lemaître. Un ballet qui ne s’arrête donc jamais, mêlant émotion, humour, et beaux moments de danse… Le film est magnifique, le ballet tente de retranscrire cette ambiance et de nous replonger sur le boulevard du crime, près du théâtre des Funambules…
Benjamin Pech (Lacenaire)
(c) Blog Une Saison à l’Opéra
Les Enfants du Paradis nous content l’histoire d’amour qui lie Garance et Baptiste. Ce soir, cette histoire nous est dansée par deux belles étoiles:  Isabelle Ciaravola et Mathieu Ganio. Tout d’abord Isabelle Ciaravola, forte ressemblance avec Arletty, elle a le tempérament bien taillé pour le rôle et elle en devient presque l’incarnation idéale de Garance… Ses développés sont à couper le souffle, sa variation au cours du bal populaire est superbe! Sa présence en scène est indéniable, elle est magnifique et accroche le regard du spectateur dès son entrée en scène, malgré la foule présente sur le boulevard du crime. Elle est fascinante. Mathieu Ganio, Baptiste, rêve sur son tonneau, c’est lui qui sauve Garance,  au moyen de sa pantomime, lorsqu’elle est accusée du vol d’une montre. Il en tombera immédiatement amoureux. Le rôle de Baptiste lui va vraiment très bien, et plutôt beau garçon, les costumes (surtout le gris) lui vont également très bien et le mettent plutôt bien en valeur.  La complicité des deux danseurs se ressent fortement sur scène et les pas de deux sont plus que réussis: les portés, les lignes… ils sont riches en intensité et en émotion, tout y est! La fluidité des pas de deux est plus qu’impressionnante! Tout paraît si simple, il n’y a pas d’accroc et le public se laisse plonger dans l’histoire tout doucement, mais sûrement. 
Le dernier pas de deux du deuxième acte, symbolisant la seule et unique nuit d’amour partagée entre Garance et Baptiste reste sans conteste l’un des plus beaux et des plus émouvants moments du ballet, ce couple semble si fusionnel… d’autant plus que la musique est très belle à cet instant. Je ne le dirai jamais assez mais la robe rouge de Garance au troisième acte est somptueuse. 

Répétition Robert Macaire
(c) Blog Une saison à l’Opéra

Il y a Garance et Baptiste, mais n’oublions pas les seconds rôles: Lacenaire, Frederick Lemaître, Nathalie… Benjamin Pech excelle en Lacenaire: perfide, fugace, subtil… il est extra! Le rôle lui va vraiment comme un gant et sa façon de se mouvoir est extraordinaire! Cheveux plaqués, fines moustache, il est à peine reconnaissable! (surtout lorsqu’on le croise près du bar au cours du premier entracte, et oui Lacenaire se ballade parmi le public!) Que dire de Karl Paquette en Frederick Lemaître? Il déborde de virtuosité et de vitalité. Il est très à l’aise dans le rôle, prend plaisir à s’amuser avec Madame Hermine ou avec Garance, il incarne le parfait enjôleur. Sa prestation dans Robert Macaire est superbe! Il est accompagnée d’une Nolwenn Daniel, une ballerine très gracieuse et précise. Karl Paquette est vraiment au top de sa forme en Frederick Lemaître, son intervention dans le grand escalier avec la divine Miteki Kudo est superbe (à noter que cette dernière dansera pour la dernière fois sur ce grand escalier le 14 juillet prochain et qu’elle manquera énormément à l’Opéra!). Le comte est campé par Christophe Duquenne, froid, distingué, autoritaire… J’avais oublié le cri de rage qu’il pousse lorsqu’il se retrouve face à la trahison de Garance. Muriel Zusperreguy est une Nathalie touchante, blessée, mais qui fera tout pour sauver son couple.. Madame Hermine est un rôle où s’éclate Caroline Bance, elle est drôle et hilarante, notamment lorsqu’elle apparaît dans la loge pour saluer Frederick Lemaître après sa prestation dans Robert Macaire.

Karl Paquette (Frederik Lemaître) et Nolwenn Daniel (la ballerine)
(c) Blog Une saison à l’Opéra

Un ballet très vivant, où l’action se déroule plus vite et où le spectateur arrive à se perdre tellement il y a de personnages à regarder, et de petites anecdotes à suivre… Certains tableaux sont parfois plus longs, les scènes de pantomime amusantes, et limpides à suivre pour le public. un ballet à découvrir ou à revoir avec beaucoup de plaisir… Le corps de ballet est à nouveau très investi et semble prendre beaucoup de plaisir à être sur scène. Le final reste un grand moment de joie! Un ballet haut en couleurs, presque étourdissant par moment, avec des moments riches en émotions.
À retrouver prochainement (ou plutôt d’ici un long moment) en DVD…
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