Ultime rencontre de l’année hier après-midi à l’amphithéâtre Bastille, dernière rencontre au cours de laquelle  le chorégraphe anglais Wayne McGregor a donné un aperçu de sa prochaine création L’anatomie de la Sensation en compagnie des danseurs Alice Renavand et Josua Hoffalt…

Comme le veut la tradition, avant chaque début de rencontre, Brigitte Lefèvre arrive et nous fait un petit briefing sur la répétition à venir. (Elle nous apprend au passage qu’elle s’est enthousiasmée pour la représentation de Rain de la matinée.) Après Genus en 2007, le chorégraphe anglais revient à l’Opéra pour créer un ballet L’Anatomie de la Sensation, ballet présenté à l’Opéra Bastille dès le 28 juin prochain et qui clôturera cette fin de saison. Pour cette nouvelle création, Wayne McGregor s’est inspiré des tableaux du peintre Francis Bacon et de son travail sur les corps. Les danseurs évolueront sur une musique de Mark Anthony Turnage, oeuvre dont le titre porte le nom d’un tableau de Francis Bacon.

Wayne McGregor

Les danseurs le surnommerait le « mutant » d’après Brigitte Lefèvre, il est vrai que le chorégraphe Britannique n’a rien de banal et nous entraîne dans sa sphère, dans son univers à lui. Pas de chef de chant pour cette répétition, Wayne Mcgregor utilise son propre outil de travail: son Ipod. Wayne McGregor, très à l’aise, met le public dans l’ambiance.À peine arrivé et installé, à peine les danseurs présentés, il commence son travail, ou plutôt il commence la création du pas de deux qu’interpréteront Alice Renavand et Josua Hoffalt. Le chorégraphe va très vite, et impose son style. Il enchaîne les mouvements avec une fluidité et une facilité hors pair. Quand il les montre, ces derniers semblent plus qu’évidents. Il esquisse quelques gestes, montrant ce qu’il désire voir. Les danseurs s’éxecutent, et le suivent tant bien que mal, montrant la difficulté d’intégrer cette façon, loin d’être familière pour eux, de se mouvoir. Le chorégraphe semble beaucoup apprécié Alice Renavand, qui le sourire aux lèvres, ne s’en sort pas si mal! Josua Hoffalt semble un peu plus dépassé par la gestuelle et les prouesses du chorégraphe, mais il intègre au fur-et-à mesure les pas. « Mets ta main là, ta jambe ici » (en anglais bien entendu) et hop! Alice Renavand se retrouve en écart.  Le chorégraphe fait travailler à chaque danseur un solo. Il commence avec Alice Renavand, puis la laisse reprendre les mouvements seule, pendant qu’il travaille avec Josua Hoffalt. Le chorégraphe pousse les danseurs au bout de leurs limites. À la fin de son solo, la danseuse se retrouve le genou posé sur le dos de son partenaire, et doit prendre appui pour passer au-dessus de ce dernier. Le chorégraphe leur apprend les derniers pas du pas de deux. Cela peut sembler décousu, presque sans aucune cohérences, mais pour terminer les deux danseurs reprennent le pas de deux depuis le début, avec une autre musique, et là tout devient plus cohérent. C’est esthétique. On aurait envie de voir la suite.
Alice Renavand et Josua Hoffalt

Une rencontre très intéressante, puisqu’elle nous fait entrer au coeur de cette création. C’est très impressionnant de voir avec quelle facilité et à quelle vitesse ce pas de deux est créé et comment les danseurs l’assimilent, mais aussi comment le chorégraphe fait travailler les danseurs. Ce chorégraphe risque à nouveau de surprendre en juin prochain. Deux distributions seront à l’affiche pour cette Anatomie de la Sensation.
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