Rencontre autour de Coppélia hier après-midi à l’amphithéâtre Bastille. Pour cette première répétition  de l’année 2011, Dorothée Gilbert (Swaldina) et Mathias Heymann (Frantz) répétaient aux côtés de Yann Saïz (Coppélius), sous la houlette de Patrice Bart.

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Après une courte introduction, au cours de laquelle Brigitte Lefèvre a donné comme à son habitude les « dernières nouvelles la compagnie » (axées sur la tournée du ballet en Russie), cette dernière a appelé les protagonistes de la rencontre du jour en scène. Dans un premier temps, Patrice Bart a commenté et expliqué la « genèse » de son ballet, ce qui l’avait motivé a créé cette nouvelle version du ballet en 1996. Ce qu’il reprochait à l’argument de Saint-Léon: un Coppélia « trop léger », un argument pas assez « profond ». Patrice Bart aime les histoires qui sont plus lourdes, plus profondes et plus dramatiques. C’est dans cette optique qu’il s’est replongé dans le conte d’Hoffman, à l’origine de l’argument du ballet de Saint-Léon (créé en 1870), et qu’il a décidé de proposer cette relecture. Dans sa version, Coppélius n’est plus le vieux personnage passionné par ses automates, mais un personnage, un être avec quelques pouvoirs surnaturels, transi d’amour pour sa femme disparue, et qui a l’objectif de la ramener à la vie, en recréant un automate à son effigie. Autre différence, dans la version de Patrice Bart, Coppélius danse. (et n’est plus ce vieux monsieur boiteux). Frantz est dans cette version, un étudiant en sciences naturelles, qui revient dans son village et retrouve Swaldina, une jeune fille du village qui ressemble étrangement à la femme de Coppélius. Intriguée par cet homme Swaldina va se laisser entraîner dans l’atelier de ce dernier… Patrice Bart a également justifié ses choix musicaux: comment il a voulu combiné à la partition de Delibes, jugée à nouveau trop légère, la musique de Lakmé, qui correspondait plus à cette atmosphère troublante et inquiétante pour les passages dramatiques.
Après cette petite introduction, la répétition s’est enchaînée: Patrice Bart a souhaité montré plusieurs passages du ballet. Tout d’abord, l’ouverture de son Coppélia dans l’atelier de Coppélius: Yann Saïz s’est élancé sur la petite scène de l’amphithéâtre, il exécutait sa variation tandis que Patrice Bart expliquait ce qu’il se passait sur scène au même moment (le livre qui s’ouvre et qui dévoile la photo de la femme disparue de Coppélius). Yann Saïz a montré une certaine facilité à entrer dans son personnage. Le maître de ballet a ensuite présenté la rencontre entre Frantz, de retour de la ville, et de Swaldina. Cette rencontre au cours de laquelle Patrice Bart a souhaité gardé le passage avec les papillons: Frantz étudiant les sciences naturelles, il désire présenter toute sa collection à Swaldina, qui n’apprécie guère. Les danseurs ont ensuite travaillé l’arrivée de Coppélius, homme étrange qui intrigue Swaldina, celle-ci va alors tenter de rendre jaloux Franz. A cet instant, Patrice Bart a recommandé d’être plus présent et de répondre aux regards que lui lançaient Dorothée Gilbert. Mathias Heymann a ensuite enchaîné, avec beaucoup de fougue et d’énergie sur sa variation. Dorothée Gilbert fût à l’honneur ensuite, dans le tableau où Swaldina est chez Coppélius et lui montre qu’elle peut elle aussi « être » une marionnette. Après une variation et une gigue, la danseuse étoile a été très applaudie. Les danseurs ont ensuite travaillé le dernier pas de deux, lorsque Swaldina et Franz se sont retrouvés, mais que l’ombre de Coppélius plane toujours autour du jeune couple. Ce dernier pas de deux a été un peu plus fastidieux pour les deux danseurs, actuellement en répétition, ces derniers étaient plus dans la justesse des pas, et non dans la justesse de l’interprétation. Cependant des regards, des réactions spontanées ou imprécises ont montré que Dorothée Gilbert convenait particulièrement bien au rôle de Swaldina. Quant à Mathias Heymann, son côté fougueux le portera pour le rôle de Franz.Le couple Gilbert/Heymann reste bien assorti pour ce ballet, et promet de beaux instants. Cette rencontre mettait en avant le talent de Yann Saïz, qui semble déjà avoir marqué les esprits hier après-midi et qui risque de camper un Coppélius de grande qualité, avec une interprétation du personnage intéressante. 

A noter, que ces trois danseurs ne seront pas sur les mêmes distributions: Dorothée Gilbert et Mathias Heymann danseront les  17, 22, 24, 28 et 30 mars. « Leur » Coppélius sera incarné par José Martinez.
Quant à Yann Saïz, il dansera le 26 mars en matinée aux côtés Nolwen Daniel et Karl Paquette. (une seule date pour un danseur de cette envergure, c’est peu.. et vraiment dommage!)
Autres dates clés: le 28 mars, en vue de la sortie du DVD, la représentation sera filmée et retransmise en direct dans les cinémas. Autre date capitale: le 30 mars, les adieux du maître de ballet Patrice Bart.
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