Première soirée à l’Opéra Garnier pour découvrir le ballet Caligula de Nicolas Leriche, avec hier soir Mathieu Ganio dans le rôle principal. Malgré un léger angle mort qui m’obstruait une petite partie de la scène, j’ai quand même pu apprécier la majorité de ce ballet dans son intégralité, mais en devinant certains mouvements certes.

Mathieu Ganio, Caligula
(c) Agathe Poupeney
Le ballet débute à rideau ouvert, le décor (un peu spartiate) en place. Trois coups de bâtons, et sous le thème des quatre saisons de Vivaldi, les sénateurs accompagnés des suivants entrent en scène. Le ballet se déroule en cinq actes, et le tout sans entracte. Les quatre premiers actes portent le nom des quatre saisons: du printemps à l’hiver. Le dernier acte se découpe en quatre scènes: le printemps, l’été, l’automne et l’hiver.
Mathieu Ganio interprétait donc hier soir, avec beaucoup de brio, le rôle de l’empereur Caligula. Le danseur étoile a gratifié le public d’une belle danse d’une grande qualité avec des arabesques bien placées et bien tenues… d’une grâce sans pareil. Il se distingue en scène par sa présence, son expression reflétant les « sautes d’humeur, les moeurs, la pensée et l’évolution tout au long du ballet de son personnage. Son Caligula peut paraître à certain moment efféminé, fragile, mais aussi violent et son air machiavélique et enjoué qu’il prend au cours des massacres lors des orgies, cet air presque désespéré lorsqu’il essaye de capturer la lune En effet, pour construire son ballet, Nicolas Leriche s’est appuyé sur le personnage de Caligula, sur sa vision intérieure et son évolution.
Mathieu Ganio, Laetitia Pujol
(c) Agathe Poupeney
Dans le rôle de la lune, Laetitia Pujol. La danseuse incarnait donc hier soir la vision de Caligula, vision que l’empereur essaye d’attraper et de posséder. Dès son apparition, amenée par Mnester et ses suivants, avec son côté quelque peu sauvage, la danseuse rappelle légèrement le côté sauvage et apeuré du cygne blanc.. Cependant, le reste du pas de deux est bien mené même s’il manque un soupçon de légèreté, et un aspet un peu plus immatériel et irréel que l’on pourrait prêter à la Lune.
Troisième étoile sur scène, Stéphane Bullion incarnait Mnester hier, il jouait ainsi le rôle d’un pantomime qu’adulait Caligula. En effet, l’empereur était passionné d’art. Stéphane Bullion possède une certaine présence en scène, ses interventions dans le ballet ont lieu entre chaque acte. Il intervient pendant le dernier acte, lorsque Caligula le rejoint sur scène. Ces passages ne sont pas très riches chorégraphiquement mais Stéphane Bullion parvient à capturer l’attention du public.
Mathieu Ganio
(c) Agathe Poupeney
Un danseur qui m’a beaucoup impressionné hier et qui est doté d’une forte présence en scène: Yann Saïz.  Yann Saïz campait hier soir le rôle du sénateur Chaerea. Son interprétation traduisait la forte personnalité et le fort caractère du sénateur qui adule dans un premier temps son empereur, mais qui à force de se faire mépriser et ridiculiser finit par le haïr et dans le dénouement final par l’assassiner de trente coups de couteaux. Yann Saïz possède également une danse d’une grande qualité et sait par son regard mener les autres sénateurs vers la révolte et sait attirer le regard du public.Une belle performance.
Une autre étoile était en scène hier, Mathias Heymann dans le rôle d’incitatus, le cheval de Caligula. il est assez intriguant de voir une étoile se voir confier ce rôle pour un divertissement en scène d’un temps relativement court. Néanmoins, c’est ce passage du ballet qui a obtenu le plus de succès. Il est vrai que ce passage peut sembler amusant, certes Mathias Heymann danse très bien et montre qu’il a une belle technique, mais pourtant ce n’est pas le passage du ballet qui m’a le plus marqué et qui selon moi méritait le plus d’applaudissements…
Laetitia Pujol, Mathieu Ganio, Mathias Heymann
(c) une passionnée
Globalement, pour cette première fois, j’ai plutôt bien aimé et trouver l’oeuvre intéressante, d’une part du côté de la mise en scène, l’enchaînement des longs actes ne m’a pas semblé si long. J’omettais tout de même de parler de Miteki Kudo qui jouait le rôle de Caesonia, l’épouse de Caligula. Miteki Kudo, toujours superbe en scène.
Prochain rendez-vous avec ce ballet dans quinze jours…
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