Lorsque j’avais vu que Paquita serait repris cette saison, au départ je n’étais franchement pas convaincue. Je l’avais vu plusieurs fois, il y a trois ans avec de belles distributions, j’aurais été plus tentée de voir un autre ballet de Pierre Lacotte: La Sylphide par exemple! Je ne l’ai pas pris dans mon abonnement, j’ai attendu, je prendrai un fond de loge. Puis, au fur et à mesure, les pré-distributions ont été dévoilées dès le début de l’été, et certains interprètes me donnaient fortement envie de revoir ce ballet. J’ai pris des places « à l’aveuglette » et les distributions, les vraies, sont tombées: j’ai eu de la chance, je n’avais la possibilité de ne voir qu’une fois ce ballet, et je suis tombée sur Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio, deux grands danseurs étoiles qui promettaient une belle soirée…
Corps de ballet Paquita

Effectivement, je ne fus pas déçue. Loin de là, j’ai redécouvert Paquita, trois ans après, en y prenant beaucoup de plaisir! Il faut dire que les deux principaux y étaient pour beaucoup! Dorothée Gilbert incarnait notre gitane. Je l’avais vu en 2007, lors de sa prise de rôle aux côtés de Manuel Legris, en 2010, Dorothée Gilbert a fait évolué son personnage. Plus de poids en scène, sa Paquita a encore plus de caractère. Vive, dynamique, la Paquita de Dorothée Gilbert est présente dès le début du ballet, ses variations sont exécutées à merveille, les mouvements vifs, rapides. La variation de l’éventail était remarquable! Au deuxième acte, Dorothée Gilbert nous a gratifié dans le Grand Pas de belles arabesques, de beaux équilibres (tenus!!) et de très beaux fouettés… mais également de très beaux pas de deux!

Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio

Il y avait beaucoup de complicité entre Dorothée Gilbert et son partenaire Mathieu Ganio! Les pas de deux du deuxième acte, juste après que Paquita est « découvert » sa véritable identité était superbe, très doux et très romantique. Ce pas de deux fait toujours beaucoup d’effet, le public applaudit toujours avant la fin. Le pas de deux du Grand Pas est également magnifique, les portés étaient bien assurés, on sentait les deux danseurs en pleine confiance. La coda de ce grand pas était toujours aussi entraînante avec les fouettés, qui entraînent de nombreux applaudissements de la part du public, la coda de Lucien d’Hervilly, également très applaudie.
Une belle complicité qui s’est vue dès le premier acte, notamment lors de la scène dans la maison d’Inigo: lorsque Paquita sauve Lucien d’Hervilly du complot. La pantomime de Dorothée Gilbert était très réussie, Mathieu Ganio se prêtait bien au jeu et était également au top de sa forme!
Très élégant dès son entrée en scène, Mathieu Ganio incarne le comte Lucien d’Hervilly. L’Etoile est l’archétype du danseur noble par excellence! Sa danse est classe et bien posée, ses variations superbement exécutées, ses sauts sont vraiment beaux. Il a beaucoup de présence en scène. Depuis ses dernières représentations, Mathieu Ganio se dévoile de plus en plus en scène. Hier soir, lui et sa partenaire rayonnaient. Malgré le fort caractère et la forte présence en scène de sa partenaire, les deux danseurs étaient d’égale à égale. Très investit dans son personnage, Mathieu Ganio nous a gratifié lui aussi d’un très bon jeu d’acteur. La pantomime des deux danseurs était très lisible.

Inigo, Stéphane Phavorin

Dans Inigo, on retrouvait Stéphane Phavorin, qui nous a exécuté une belle variation dès le premier acte, et qui était très investit dans son personnage, notamment lors de la scène de la maison. Ceci dit, je le trouvais un peu moins « présent » que Gil Isoart il y a trois ans..
Dans le rôle de Dona Seraphina, Eve Grinsztajn. Eve Grinsztajn est une danseuse d’une grande classe et sa danse est impeccable. Le rôle est peu valorisant, voire un peu frustrant pour une première danseuse de son rang. Cette danseuse est superbe, dommage qu’elle n’ait pas eu de rôle plus important…

Eve Grinsztajn

Dans le corps de ballet, à quelques jours du concours, quelques individualités se dégageaient. En tête, Eléonore Guérineau, qui dès le début du ballet dans les villageois mais surtout dans le Grand Pas se démarque des autres danseuses. Elle a la classe, la technique, une présence en scène impressionnante, elle danse impeccablement bien: en bref, on ne voit qu’elle et les jumelles se posent directement sur elle et sur la qualité de sa danse. Dans les « tutus bleus » (mais aussi dans les gitanes au premier acte), ce sont Charline Giezendanner avec ses belles arabesques et Mathilde Froustey qui sortent du lot. J’étais un peu déçue par le pas de trois, un passage du premier acte que j’apprécie beaucoup. D’autres danseurs se distinguaient des autres, notamment Allister Madin, Florimond Lorieux…
On sentait fatigue chez les danseurs, en pleine préparation du concours de promotion qui aura lieu en fin de semaine, souhaitons leur le meilleur!
Saluts Paquita
Une superbe soirée avec deux Etoiles au top de leur forme! Grandiose!

J’aurais bien aimé voir Myriam Ould Braham avec Karl Paquette, mais également, par curiosité, aller faire un tour du côté de Garnier, afin de voir Ludmila Pagliero en compagnie de Mathieu Ganio. Cependant, la chose reste impossible, j’espère que d’autres pourront me conter ces autres représentations…
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