On connaît le Mariinsky et ses Lopatkina, Vishneva… le Bolchoï avec ses Zakkharova, Ossipova.. Mais dans la ville de Perm, située au pied de l’Oural, existe une autre compagnie: le ballet de Perm avec ses étoiles… Une compagnie peu connue en France mais pourtant mêlée à l’histoire de celle du Mariinsky. En effet, pendant la seconde guerre mondiale, le ballet du Mariinsky alors appelé Ballet du théâtre Kirov de Leningrad, s’est réfugié avec ses grandes étoiles dans la ville de Perm. La ville de Perm est également lié à un grand monsieur russe qui a rénové le ballet russe, il s’agit bien évidemment du célèbre Diaghilev qui a passé une grande partie de sa jeunesse à Perm.

Pour sa première tournée en France, le ballet de Perm faisait escale au Théâtre des Hauts-de-Seine à Puteaux (Hauts de Seine) hier soir, dans le cadre de l’année franco-Russe.
La compagnie présentait un programme consacré aux Ballets Russes: Les Sylphides, Le spectre de la rose, les Danses polovtsiennes de Fokine ainsi que le pas de deux du deuxième acte de Casse-Noisette dans la version de Marius Petipa.

Après quelques minutes d’attente, la soirée a enfin commencé et un doux parfum de naphtaline a envahi la salle… Sans décors, avec seulement un fond bleu pour habiller la scène, le rideau s’est ouvert sur des Sylphides quelque peu à l’étroit. Il faut dire que la scène de ce théâtre n’étant pas très grande, les danseuses du corps de ballet étaient quelque peu tassées et les solistes, peu mis en valeur, n’avaient que très peu de place pour évoluer. Malgré les applaudissements intempestifs, les solistes et danseuses évoluent sur scène. Belle danse, sans piquant, mais l’ambiance poètique de ce ballet peine à ressortir, une jeune danseuse a attiré mon attention, mais impossible de retrouver son nom…

Après un petit entracte, nous restons dans une ambiance romantique avec Le spectre de la rose. Cette fois-ci la scène est meublée:un petit canapé, un guéridon, et un fauteuil ont été disposés sur la scène en guise de « boudoir ». La jeune fille est une rêveuse avec une belle présence en scène qui se laisse emporter sur cette valse de Weber par le spectre, parfum de la rose. Il y a une bonne coordination entre les deux partenaires. De plus, la petite salle convenait contrairement à la première partie plutôt bien à ce tableau.

La musique d’un des plus bel adage du répertoire retentit, place à l’ultime pas de deux de Casse-Noisette. Après avoir vu (et revu) la version de Noureev en décembre et janvier derniers, il était intéressant de voir la version de cette compagnie, une version adaptée du célèbre Marius Petipa. Dans cette version, quatre danseurs accompagnent le couple principal, formé de Maria Menshikova et Robert Gabdullin. Maria Menshikova est une magnifique danseuse, resplendissante, avec une belle technique. Cependant, la largeur de la scène n’étant pas assez suffisante, l’étoile fût gênée à de nombreuses reprises et de ce fait un peu perturbée. Même problème pour son partenaire, gêné dans les manèges.

La soirée s’achève sur les Danses polovtsiennes. Une découverte et sans aucun doute le meilleur moment de la soirée! Les membres de la troupe se réunissent pour un dernier tableau. Pas de décor, seulement quelques jeux de lumières pour tenter tout de même de plonger le spectacle en Orient. Belle performance du chef des guerriers (Sergey Mershin) très viril, fougueux, ses sauts sont très impressionnant.
Les danseurs ont offert quinze minutes de danse et semblaient bien s’amuser, rythmes et ensembles étaient respectés, les costumes aux couleurs de l’Orient…
Un beau final!
(dommage que les décors n’aient pas répondu présent ce soir)

Pour en savoir plus sur la compagnie:
un article dans le magazine Danser du mois de janvier 2010 était consacré au ballet de Perm, ainsi qu’à l’école de danse qui y est associée.

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