Retour à l’Opéra Bastille pour les fêtes de fin d’année où le ballet Casse-Noisette est présenté jusqu’au 9 janvier prochain. En ce vendredi 11 décembre, les Etoiles Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio interprétaient les rôles respectifs de Clara et de Drosselmeyer.

Mathieu Ganio et Dorothée Gilbert

Il y a deux ans, Dorothée Gilbert faisait sa prise de rôle aux côtés de Manuel Legris, mais d’autre part elle avait conquis son titre d’étoile. Deux ans après ce n’est plus la même Dorothée Gilbert que l’on voit en scène: sa danse, son interprétation ont évolué et vendredi soir la jeune étoile était tout simplement sublime. Elle rayonnait et mettait presque de l’ombre à son partenaire.

Casse-Noisette est un ballet qui nous plonge directement dans l’ambiance des fêtes de fin d’année. Le rideau s’ouvre sur une rue, le soir de Noël, les parents accompagnés de leurs chers enfants arrivent pour fêter Noël. La porte s’ouvre et l’on découvre un grand salon avec au fond un magnifique sapin surplombant la scène aux pieds duquel se trouvent de nombreux cadeaux.
Les enfants dansent, les petits rats étaient d’ailleurs très en formes, bien en tempo. Clara son frère Fritz (Mallory Gaudion) et sa soeur Louise (Muriel Zusperreguy) s’amusent et se chamaillent. Quand soudain, arrive Drosselmeyer le parrain de Clara. Après quelques petites farces, un petit théâtre avec des marionnettes…
il offre à sa chère nièce un casse-Noisette, celle-ci s’amuse avec jusqu’à ce que son frère le casse. Mais, son cher parrain lui répare et la jeune fille à la fois soulagée et fatiguée se retrouve plongée dans ses rêves. Ainsi, les rats incarnés par les élèves de l’école de danse font progressivement leur appartitions sur scène, ils tentent de voler le casse-noisette, le roi des rats arrive mais à ce moment là, le casse-noisette se transforme et devient un prince. Une bataille suit entre les rats et les petits soldats de plomb. Finalement, le roi des rats est anéanti, et Clara part dans les bras de son beau prince qui la conduit jusqu’à un jardin enneigé.

Le premier acte est majoritairement un acte de pantomime, quelques danses de groupes (marche des enfants ou alors les danses de salon des parents). Quelques moments drôles: les pitreries du frère de Clara, toujours là pour embêter sa soeur, le grand-père qui serait prêt à danser jusqu’au matin, les mimiques de Drosselmeyer, l’apparition des rats ainsi que la bataille et le fameux coup de feu qui fait sursauter la salle et réveille les quelques spectateurs qui auraient osé s’endormir en cours de route… La valse des Flocons reste le plus beau tableau de ce premier acte, la musique, les flocons qui tombent sur la scène, le choeur d’enfant, un tourbillon qui transporte et qui fait rêver un court instant…

Au deuxième acte, le rêve de Clara prend des allures de cauchemar, celle-ci se fait embêter par des sortes de chauves souris mais le prince n’est pas loin pour lui montrer ces chauves souris qui sont uniquement des membres de sa famille. La suite du deuxième acte est une suite de divertissement, où Clara voit défiler les membres de sa famille Luisa et Fritz dans une variation espagnole, bien menée par Mallory Gaudion et Muriel Zusperreguy. Ses grands parents dans une danse arabe: extraordinaire Karl Paquette accompagnée d’une belle Stéphanie Romberg. Ses parents se lancent dans une danse traditionnelle russe endiablée, viennent les chinois dans une variation très délicate! Enfin Mathilde Froustey et Ludmila Pagliero ont interprété la pastorale soutenues par Grégory Gaillard.
Le bal ou la célèbre valse des leurs réunissait le corps de ballet pour un des plus beaux tableau du ballet.
Enfin, le plus beau moment de l’acte II, l’ultime pas de deux. Dorothée Gilbert y est magistrale et Mathieu Ganio y est majestueux (malgré quelques petites frayeurs…) La variation de celui-ci est bien menée, la variation de Dorothée Gilbert est superbe, d’un haut niveau, d’une grande classe. Dorothée est une autre Clara, elle accapare l’attention.

Casse-Noisette n’est pas qu’un ballet féérique, il révèle les premiers émois d’une jeune fille.

Cependant, les nombreuses fausse notes de l’orchestre rendent le spectacle moins attrayant.

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