Après le défilé, quelques minutes pour se remettre de toutes ces émotions, quelques minutes pour ranger son appareil photo, et c’est à nouveau le noir dans la salle.
Place aux Joyaux de Balanchine…


programme Joyaux, saison 2009-2010

Le ballet Joyaux de Georges Balanchine est un tryptique composé d’Emeraudes, de Rubis et de Diamants.
Pour la petite histoire, Balanchine affectionnait les beaux bijoux et chaque matin il passait et s’émerveillait devant la vitrine de Van Cleefs sur la cinquième avenue à New York. C’est ainsi qu’il eut l’idée de créer un ballet en trois parties composé d’Emeraudes, emblême de l’école française, Rubis qui représenterait l’école américaine et pour finir Diamants, pièce qui rendrait hommage à l’école russe.
Le souhait de Balanchine aurait sûrement été de voir interpréter ses trois pièces par les danseurs de l’Opéra de Paris, suivis des américains du New York City Ballet, et enfin par les russes du Bolchoï et du Mariinsky.

Emeraudes
(c) une passionnée

Jeudi soir, c’était la première fois que je voyais ce ballet sur la scène du Palais Garnier. Je l’avais bien entendu visionné plusieurs fois, notamment grâce au dvd disponible dans les grands distributeurs, mais également j’ai eu l’opportunité de le voir dansé par la compagnie du Royal Ballet sur la scène du Royal Opera House à Londres, en juin dernier.

Clairemarie Osta et Benjamin Pech
(c) une passionnée

La lumière s’est éteint, les premières notes de la musique de Fauré retentissent depuis la fosse d’orchestre dirigé ce soir par Kevin Rhodes… Le rideau se lève sur les danseuses d’Emeraudes, au milieu se trouve le couple principal composé ce soir de Laëtitia Pujol et de Mathieu Ganio.
Il n’y a pas vraiment d’histoire dans ce ballet dit abstrait, mais en regardant les danseurs évoluer et se mouvoir, on peut facilement suivre et imaginer l’histoire qu’ils nous racontent.
Le premier couple composé de Laëtitia Pujol et de Mathieu Ganio est fort bien assorti, et Mathieu Ganio toujours aussi talentueux. Leur pas de deux est très tendre et romantique. Laëtitia rayonne dans sa variation, et Mathieu fait toujours autant de prouesses.
Clairemarie Osta, poétique et délicate, est vraiment magnifique dans sa variation de la sicilienne qui, par ailleurs, lui sied à merveille. Son pas de deux avec Benjamin Pech est moins enchanteresse, mais tout de même bien maîtrisé, et très agréable à regarder.

Le pas de trois est bien mené par Alessio Carbone, Mélanie Hurel et Muriel Zusperreguy, qui sont bien en rythme. Alessio Carbone était d’ailleurs très en forme, j’ai hâte de le voir dans Rubis (aux côtés de Dorothée Gilbert)

Pas de trois, Mélanie Hurel, Alessio Carbone et Muriel Zusperreguy
(c) une passionnée

Si je devais trouver un adjectif pour qualifier Emeraudes, je dirai poétique. j’ai mis du temps à l’apprécier mais aujourd’hui je n’imaginerai pas cette soirée sans ce ballet et il m’arrive de temps en temps de le visionner et de me laisser transporter par la musique et la chorégraphie.

Les applaudissement me semblaient plutôt froids pour ce beau moment de danse, les spectateurs se seraient-ils endormis en cours de route?

Marie-Agnès Gillot, Mathias Heymann, Aurélie Dupont
(c) une passionnée

Un public endormi qui risque maintenant de se réveiller: les premières notes du Capriccio de Stravinsky émanent de la fosse d’Orchestre…
Le rideau se lève sur les danseurs et leurs costumes rouges flamboyants, et sur ce rubis rouge en toile de fond. Soudain, des « oh » stupéfaits et admiratifs émanent du public.
Marie-Agnès Gillot entame sa variation. Ce rôle lui sied à merveille: avec ses longues jambes, ses bras, et son style bien à elle. Elle est impressionnante! Avec cette morphologie elle aurait été adulée par Balanchine!
Le couple principal composé d’Aurélie Dupont et de Mathias Heymann. AurélieDupont est pleine de vie et swing au son de la musique, Mathias Heymann, à ses côtés, est toujours aussi virtuose, aussi impressionnant dans ses sauts. Tous les deux semblent vraiment bien s’amuser.
Rubis a remporté un franc succès auprès du public (mieux réveillé?) et les solistes furent ovationnés!
A noter, la belle performance d’Eléonore Guérineau, et un corps de ballet très investit!

Aurélie Dupont et Mathias Heymann
(c) une passionnée

Suite à un « problème technique » je n’ai pu assister à la fin de la soirée et au magnifique diamants, ni m’amuser devant les réactions du public au lever de rideau.

Mais d’autres places attendent pour d’autres soirées en compagnie de Joyaux

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