Samedi 10 octobre 19h30, après une « pause café » entre passionnées, il est temps de retrouver les (in)comfortables sièges du Palais Garnier pour une quatrième et dernière représentation de Giselle

Clairemarie Osta et Mathieu Ganio
(c) une passionnée


Ce soir, ce sont les étoiles Clairemarie Osta et Mathieu Ganio qui incarnent Giselle et Albrecht. Petite incertitude tout de même concernant Clairemarie Osta: il semblerait que celle-ci se soit fait une entorse… Une petite tension émane en moi: ce soir je ne suis pas venue pour Mathieu Ganio et « une autre », ni pour Clairemarie Osta et « un autre » mais uniquement pour Clairemarie Osta ET Mathieu Ganio. Après vérification sur les distributions: il est bien noté que Clairemarie Osta danse Giselle ce soir. Ceci dit, nous ne sommes jamais à l’abri d’une annonce de dernière minute annonçant quelques petits changements…
Je prends place dans la loge, la salle se remplit progressivement tandis que la sonnerie retentit. La lumière s’éteint, la représentation peut commencer…

Les vendangeurs entrent en scène, suivis de près par Hilarion, campé hier soir par un Yahn Bridart, toujours en forme. Puis, vint le tour d’Albrecht d’entrer en scène: une entrée magistrale, une entrée royale pour notre Albrecht de la soirée, Mathieu Ganio a l’aura d’un prince. Il nous plonge directement dans l’histoire. Soupir de soulagement lors de l’entrée en scène de Clairemarie Osta, elle sera bien notre Giselle ce soir… Le ton est donné, le décor est posé, le ballet peut commencer…

Si je ne devais choisir que quelques mots pour qualifier cette représentation, j’opterai pour « émouvante », mais surtout « magnifique ». Hier soir, dans les première loges de côté du Palais Garnier, j’ai assisté à la plus belle représentation de Giselle de cette série 2009.

Clairemarie Osta est une très belle Giselle, elle a beaucoup de style, elle trouve le ton juste, et sait nous émouvoir. Elle sait aussi bien se mettre dans la peau de cette jeune paysanne, mais également être cet être éthérée, diaphane au deuxième acte. Elle est très émouvante. Elle est très bien assortie à son partenaire, Mathieu Ganio, il existe une grande complicité entre ces deux artistes qui vont vraiment très bien ensemble. J’avais eu l’occasion de les voir tous les deux dans La dame aux camélias en 2008, une bien belle représentation (pour la peine, je m’étais payée un premier rang d’orchestre!) Ce sont deux artistes vraiment bien assortis, qui nous font partager beaucoup d’émotions en scène.
Mathieu Ganio est tout simplement « beau » en Albrecht, il est touchant, émouvant et si romantique. Mathieu Ganio, c’est l’archétype du prince romantique, le rôle d’Albrecht lui sied à merveille: il est touchant, émouvant et selon moi le meilleur Albrecht de toutes cette série. ( ou plutôt l’incarnation de mon Albrecht idéal…)
Emilie Cozette n’est pas aussi impériale, ni aussi implacable, ni aussi éthérée que d’autres Myrtha, mais elle s’en tire bien et on sent qu’elle a beaucoup travaillé. Il manque encore un peu de vigueur dans ces mouvements et dans son jeu, mais elle fait beaucoup d’efforts.

Quelques instants précieux et émouvants au cours de cette représentation: la très belle variation de Clairemarie Osta au premier acte, la scène de la folie (encore et toujours), le jeu de Mathieu Ganio et son désespoir dans la scène de la folie lorsqu’il prend sa tête dans ses mains (tout simplement beau), l’Adage du deuxième acte, merveilleux, (le public retenait son souffle). L’instant où Albrecht appelle Giselle « à la rescousse ». Les variations de Mathieu Ganio et de Clairemarie Osta au deuxième, les entrechats, et ce final… ils nous ont fait pleurer, ils nous ont offert une des plus belles Giselle

Petit moment de nostalgie au moment de quitter le Palais Garnier, même si la série s’est terminée en beauté…

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