Isabelle Ciaravola et Stéphane Bullion
(c) une passionnée

Une Giselle très attendue, Isabelle Ciaravola, nommée étoile le 16 avril dernier, faisait sa prise de rôle lundi soir aux côtés de Stéphane Bullion.

Dès son entrée en scène, Isabelle Ciaravola est Giselle. Elle incarne parfaitement cette jeune fille enjouée, fraîche, qui propage dans la salle sa bonne humeur et sa joie de danser. Isabelle rayonne. Ses scènes de pantomimes sont très réussies, et l’on suit aisément les intentions de son personnage. Un beau moment: sa variation, bien exécutée et agrémentée de beaux équilibres. Une des scènes les plus difficiles du premier acte, qui révèle par ailleurs « les Giselle », la scène de la folie. Ce soir-là, cette scène fût magnifiquement interprétée par Isabelle, les émotions se lisaient sur son visage, une scène très prenante et très émouvante. A ses côtés, Stéphane Bullion est un Albrecht peu démonstratif et un peu froid. Néanmoins, il était plus convaincant dans la scène de la folie. Il faut dire que sa partenaire l’éclipse beaucoup. Dans le rôle d’Hilarion nous retrouvions ce soir-là Karl Paquette, moins convaincant qu’en Albrecht mais qui a tout de même réalisé une belle performance. (On aurait presque eu envie de le sauver lorsque Myrtha donne son verdict) Amandine Albisson et Marc Moreau se sont collés à l’exercice du pas de deux des paysans: un pas de deux qui manquait de charme, Amandine Albisson était un peu en-dessous de son niveau habituel, et Marc Moreau (un peu) trop dans le côté démonstration.

Après ce final en beauté avec cette scène de la folie, le public était très impatient de découvrir le second acte, moment magique et mythique du ballet. Avec son teint blanche-neige et son regard si unique, Isabelle Ciaravola faisait une magnifique willis. D’un point de vue technique, ses piétinés, ses relevés, ses équilibres étaient maîtrisés et agréables à regarder. Évidemment, elle est magnifique mais du côté de l’interprétation, Isabelle Ciaravola n’était pas encore totalement immatérielle. Stéphane Bullion l’a soutenait bien dans les portés. L’Adage fût émouvant. Cependant, il manquait encore un peu de magie. Petite frustration, Stéphane Bullion qui n’a pas effectué la série complète d’entrechats six. Ce soir-là, c’est Laura Hecquet qui était coiffée de la couronne de la reine des Willis, Myrtha. Un peu fragile dans ses variations, moins imposante que Marie-Agnès Gillot, Laura Hecquet paraissait plus en retrait et moins ferme dans le rôle de l’intraitable reine.

Au final, une belle prise de rôle pour Isabelle Ciaravola que l’on souhaiterai revoir dans le rôle, pour qu’elle puisse encore faire mûrir son personnage et nous offrir de magnifiques représentations… (et un Karl Paquette que l’on souhaiterai revoir en Albrecht…)

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