Distribution:Giselle: Delphine Moussin
Albrecht: Karl Paquette
Hilarion: Nicolas Paul
Pas de deux des vendangeurs: Charline Giezendanner, Grégory Gaillart
Myrtha: Marie-Agnès Gillot
Deux willis: Ludmilla Pagliero, Alice Renavand


(c) une passionnée Giselle et Albrecht, Delphine Moussin et Karl Paquette

Deux belles prises de rôles hier soir, Delphine Moussin, danseuse étoile, et Karl Paquette, premier danseur, incarnaient pour la première fois les mythiques Giselle et Albrecht sur la scène du Palais Garnier.
Delphine Moussin avait déjà eu l’occasion de s’essayer au rôle lors de la tournée du ballet à Monaco, en janvier dernier. Depuis plusieurs années, elle incarnait Myrtha, la reine des Willis, sa prise de rôle, quelque peu tardive, dans le rôle titre était très attendue. Karl Paquette, que le public a pu admirer depuis plusieurs saisons dans le rôle d’Hilarion, était également attendu dans le rôle d’Albrecht.

Epoustouflante, voilà un terme qui caractériserait bien la prestation de Delphine Moussin hier soir. Dotée d’une grande classe et d’une grande sensibilité, la danseuse étoile, malgré son âge avancé, a su trouver le ton juste pour incarner la jeune paysane naïve et fragile. Sa danse est délicate et posée. Sa maîtrise du rôle nous a subtilement conduit de la fête pastorale, où la jeune paysanne dans aux côtés de son amoureux, jusqu’à cette fin tragique: Hilarion révèle la véritable identité du jeune homme, la jeune Giselle sombre subitement dans la folie et meurt. La scène de la folie de Delphine Moussin était poignante, la mort était inévitable. A ses côtés, Karl Paquette a montré ses qualités de partenaire, d’interprète mais surtout de prince avec sa belle carrure et son charisme! Encore un peu timide les pantomimes, Karl Paquette promet tout de même d’être à l’avenir un grand interprète d’Albrecht. Dans le rôle d’Hilarion, Nicolas Paul est certes un peu moins impressionnant que Wilfried Romoli mais il a livré une interprétation tout à fait juste du personnage, et s’est révélé plutôt convaincant. Le pas de deux des vendangeurs mené par Charline Giezendanner et Grégory Gaillart était maîtrisé mais sans éclat particulier. Mouvements peu fluides pour Charline Giezendanner, quant à Grégory Gaillard, il manquait un peu de virtuosité.


(c) une passionnée Myrtha, Marie-Agnès Gillot

Véritable envoûtement, le second acte du ballet fût un grand moment de poésie. Une fois encore Marie-Agnès Gillot s’est distinguée dans le rôle de Myrtha, d’une part par sa maîtrise du rôle et des variations, mais d’autre part par sa stature imposante et majestueuse. Les jeunes Willis du corps de ballet étaient hier soir impeccables: les ensembles étaient bien coordonnés, les lignes (à peu près) droites, et les placements bons! La traversée de la scène par l’ensemble des Willis fût (encore une fois) saisissante. Dans ce deuxième acte, Delphine Moussin fût tout simplement magnifique. Son interprétation de Giselle, devenue une willis, spectre immatériel, était très raffinée, son travail de pointes très précis, ses arabesques bien soutenues. L’Adage laissait sans voix. Karl Paquette était également très impressionnant dans ce deuxième acte, il a d’ailleurs assuré la série complète d’entrechats. Il est vraiment dommage qu’on ne retrouve pas ces deux là pour une deuxième représentation…


(c) une passionnée Les Willis

Un grand succès pour ces deux beaux danseurs qui ont reçus beaucoup d’applaudissements et qui ont eu le droit à de nombreux rappels.

Suite à la defection de Laetitia Pujol, Delphine Moussin interprètera une dernière fois le rôle de Giselle le 9 octobre aux côtés du danseur étoile Benjamin Pech.

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